vendredi 7 mars 2014

Liaison Mazamet-Castres/Toulouse : C'est de la responsabilité de l'Etat !

Vendredi 28 février 2014 se tenait une séance plénière au Conseil général, au cours de laquelle les élus ont été amenés à se prononcer sur le sujet de la liaison routière, suite au choix de l'Etat en faveur d'une autoroute concédée. 42 élus sur 46 ont voté en faveur de cette proposition, les 2 conseillers généraux communistes (Roland Foissac et Serge Entraygues) ont voté contre la proposition de concession, ainsi que Jacques Pagès, élu du canton de Vabre.

Nous publions l'intervention de l'élu du canton Albi Nord-Ouest en séance sir ce sujet :   

INTERVENTION DE ROLAND FOISSAC, Vice-Président du Conseil Général du Tarn. 


2x2 voies Castres-Mazamet vers Toulouse



Vous nous demandez de nous prononcer sur l’aménagement en 2x2 voies de la route nationale reliant Castres-Mazamet à la métropole toulousaine. Ici, dans cet hémicycle, j’en suis convaincu, chacune et chacun est favorable à un aménagement et considère qu’il s’agit pour le département d’un enjeu majeur. Mais faut-il le rappeler, il s’agit d’aménager une route nationale, la RN 126 dont le gestionnaire est l’Etat.

Voilà plus de vingt ans que le Conseil général se mobilise et délibère en faveur d’un tel aménagement. Pourquoi un tel retard ? Pourquoi cette lenteur si ce n’est parce que le gestionnaire se refuse à prendre ses responsabilités, rechigne à s’engager et, finalement, se dérobe et demande aux collectivités (les Conseils généraux du Tarn et de la Haute-Garonne, la Communauté d’Agglomération de Castres-Mazamet) d’assumer et de décider des modalités de cet aménagement et de prendre à notre charge une part importante de son coût. Ainsi, nous sommes face à une double dérobade de la part du gouvernement. Il se dérobe à ses responsabilités dans la prise des décisions et se dérobe une seconde fois en ne nous donnant aucune garantie de financement de sa part.

Dans ces conditions, choisir l’aménagement en concession alors qu’à ce jour on ignore l’existence même d’un concessionnaire, qu’on est par conséquent dans l’ignorance totale des exigences de celui-ci à l’égard de l’Etat et à notre égard, c’est un risque que nous ne prendrons pas. Car les seules certitudes que nous ayons, sont celles d’une subvention d’équilibre de l’ordre de 350 millions d’euros que nous nous partagerions avec l’Etat et d’un péage pour les usagers évalué à 15 euros aller-retour. A mes collègues qui sont tentés de céder aux pressions dans ce sens, pressions qui ne sont évidemment pas aussi désintéressées que ça, dans une bataille aux relents politiciens, je me permets de leur dire : « Prenez garde que par un tel vote, vous ne conduisiez ce projet auquel vous tenez dans une impasse ». Choisir l’option de l’autoroute concédée, c’est nourrir des illusions car, j’en prends le pari, pour des raisons évidentes de financement, par le fait que l’Etat et l’Agence de financement des structures de transport n’apporteront pas la contribution financière suffisante et parce que, au bout du compte, les sommes qui nous incomberaient seraient tellement hors de portée de nos ressources et si pharaoniques dans une période de « vaches maigres » où le budget de notre collectivité est toujours plus contraint, nous ne pourrions pas assumer, fusse le quart des sommes exigées. En fait, avec cette option, il nous faudrait consentir à demander aux contribuables tarnais de financer pour le compte d’un concessionnaire privé une première fois l’investissement et aux usagers sud-Tarnais de payer une deuxième fois avec le péage.


Pour toutes ces raisons, qui sont de bon sens, Serge Entraygues et moi-même nous prononcerons contre la solution en concession. Et, comme nous voulons une liaison rapide reliant le bassin Castres-Mazamet à la métropole toulousaine, nous disons : c’est à l’Etat, aujourd’hui défaillant, de prendre toutes ses responsabilités sur un itinéraire dont il est gestionnaire, responsabilité du type d’aménagement et responsabilité pour assurer le financement. Mais, pour convaincre cet Etat défaillant, avec un Président de la République venu sur place tenir des propos doucereux et qui, quelques mois plus tard, vous fait répondre, Monsieur le Président, par le Préfet de Région en vous « renvoyant le bébé », pour convaincre donc, ou plutôt pour contraindre, ce gouvernement, il faudrait – ou plutôt il faut – engager notre collectivité et les citoyens tarnais dans un bras de fer d’une autre vigueur que celui qu’est en train de nous imposer le lobby politico-économique auquel, hélas, certaines oreilles parmi nous ont décidemment été sensibles. Je vous remercie.

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