jeudi 18 octobre 2012

"Il n'y a plus de politique intérieure nationale" (Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, 15 octobre 2012)


« Il n'y a plus de politique intérieure nationale »
(Viviane Reding, commissaire européenne, devant l'Assemblée Nationale, 15 octobre 2012)..

Coïncidence (?) du calendrier parlementaire, c'est quelques jours à peine après l'adoption du TSCG par l'Assemblée Nationale (le 9 octobre) puis au Sénat (le 12 octobre), que se tenait, à l'Assemblée Nationale une curieuse séance, pour celles et ceux qui sont habitués à un fonctionnement traditionnel des institutions républicaines, même avec toutes les tares qui sont celles de la Ve République.

En effet, pour la première fois, des représentants de la Commission européenne (Viviane Reding, vice-président et commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté sic) et du Parlement européen sont venus contrôler le budget de la France.

Cette procédure résulte directement de l'application du « semestre européen » à notre pays comme à l'ensemble des autres pays européens.

En clair, le mécanisme du semestre européen vise à opérer un contrôle constant sur le budget de chaque pays européen, avec l'idée d'établir une « bonne gouvernance », conforme aux prescriptions de nos bons princes éclairés qui règnent à Bruxelles.
L'ensemble du processus est détaillé ici.


Dans le langage chatoyant, léger et agréable qui caractérise le parler technocratique des institutions de l'Union Européenne, voilà comment l'on définit le semestre européen :
« la Commission européenne a mis en place un cycle annuel de coordination des politiques économiques: le semestre européen. Chaque année, la Commission réalise une analyse détaillée des programmes de réformes économiques et structurelles des États membres de l'Union européenne et leur adresse des recommandations pour les 12 à 18 prochains mois ».

Selon la même source, le calendrier du semestre européen est le suivant, de mars à juillet :
En mars, les chefs d'État et de gouvernement s'appuient sur l'examen annuel de la croissance pour formuler les lignes directrices de l'Union concernant les politiques nationales. Le Conseil européen, réuni lors du sommet de printemps, s'appuie sur cette analyse pour faire le point sur les aspects suivants:
-la situation macro-économique;
-les progrès réalisés par rapport aux cinq objectifs prioritaires de l'Union;
- Les progrès réalisés au titre des initiatives phare.
Il propose des orientations sur les réformes structurelles en matière budgétaire et macro-économique, ainsi que sur les secteurs porteurs de croissance, et donne des conseils sur les moyens de relier ces trois aspects.

En avril, les États membres présentent leurs programmes de stabilité ou de convergence, qui visent à garantir la viabilité de leurs finances publiques [à poursuivre les politiques d'austérité et de démantèlement du secteur public], ainsi que les réformes [ah, les réformes, que l'on peut nommer aussi de manière générique, « la » réforme, mais, en général, elles vont toutes dans le même sens ...] et les mesures destinées à progresser sur la voie d'une croissance intelligente, durable et inclusive, dans des domaines tels que l'emploi, la recherche, l'innovation, l'énergie et l'inclusion sociale (programmes nationaux de réforme).

En mai/juin, la Commission évalue ces programmes et, si nécessaire, adresse des recommandations propres à chaque pays. Le Conseil examine ces recommandations et le Conseil européen les approuve. Les États membres reçoivent ainsi des orientations politiques avant de finaliser leurs projets de budget pour l'année suivante.

Enfin, fin juin ou début juillet, le Conseil adopte formellement les recommandations par pays.
Dans le cas de la France, nous sommes en présence, depuis juin, effectivement de « recommandations », qui sont la vraie « feuille de route » du gouvernement Ayrault.
Comme de juste, avec des élèves aussi médiocres et indisciplinés, des sanctions sont prévues :
« Des avertissements politiques peuvent être adressés si les recommandations ne sont pas exécutées dans les temps. Des mesures incitatives et des sanctions peuvent également être prises en cas de déséquilibres macro-économiques et budgétaires excessifs ».
Last, but not least, la « mise sous tutelle » est définie ainsi, sous forme d'une aimable association et d'une « coopération » … (comme l'un des deux ne suffisait pas, on a employé, dans le même paragraphe les deux termes, à moins qu'il ne s'agisse d'une ruse de « google translate »...)
Afin de mettre en œuvre les mesures nécessaires et de susciter une large adhésion, une coopération étroite sera instaurée avec le Parlement européen et d'autres organes consultatifs européens (Comité des régions et Comité économique et social européen). Les parlements nationaux, les partenaires sociaux, les régions et d'autres parties concernées seront également associés à cette coopération.

Et donc, ce lundi 15 octobre, nous allons voir de quelle manière les parlements nationaux, dans le cas de la France, ont été « associés à cette coopération ».

Je renvoie le lecteur interéssé par ces questions à la lecture de l'ensemble de la séance consacrée au débat sur la prise en compte des orientations budgétaires européennes par le projet de loi de finances, dans le cadre de ce semestre européen.

Voici comment Mme Viviane Reding conclut ce « débat », devant l'Assemblée Nationale. Nous donnons ici la citation in extenso ...

Mme Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. 
"J’aimerais ajouter, après M. Cazeneuve, que l’argent non dépensé est souvent de l’argent engagé, et engagé pour être déboursé au profit des États membres. C’est un faux débat que de dire qu’il faut récupérer cet argent non dépensé. Le récupérer signifie que les États membres ne recevraient pas l’argent qui a été engagé en vue d’investissements sur leur territoire.

Monsieur de Courson, la participation de la Commission aux débats des Parlements nationaux, si elle est une première en France, n’est pas une nouveauté dans les autres États membres. Depuis treize ans que je suis commissaire européen, je me rends régulièrement dans les Parlements nationaux et il y a régulièrement des représentants des Parlements nationaux qui viennent à Bruxelles pour discuter. De plus en plus de commissions parlementaires européennes invitent les députés des Parlements nationaux pour débattre de tel ou tel projet spécifique.Donc, oui, il faudra développer ces rencontres : d’abord parce qu’elles sont extrêmement utiles et importantes, ensuite parce qu’il faut comprendre, lentement mais sûrement, qu’il n’y a plus de politique intérieure nationale.Il n’y a plus que des politiques européennes, qui sont partagées dans une souveraineté commune. D’ailleurs, laissez-moi vous le dire, cette souveraineté partagée est celle qui va nous permettre de mener les politiques que nous décidons. Si nous ne nous mettons pas ensemble, alors nous perdrons cette souveraineté vis-à-vis des marchés qui, eux, n’ont à s’expliquer devant aucun Parlement. Il vaut donc beaucoup mieux nous mettre ensemble pour décider ensemble de ce que nous devons faire, plutôt que de nous laisser faire par des influences venues de l’extérieur.
Une question très précise a été posée sur l’intervention de la Commission dans les pouvoirs budgétaires des États, question que j’entends dans beaucoup de Parlements. Les États membres et les Parlements, qui ont la souveraineté budgétaire, n’abandonneront pas cette souveraineté. Le two-pack, qui n’est pas encore appliqué mais qui le sera, accorde un nouveau rôle d’information et de suivi des politiques budgétaires à la Commission, qui donnera un avis informé sur la conformité des plans budgétaires proposés par les États membres sans que cela affecte le pouvoir de décision de chaque Parlement national. Il peut toutefois y avoir une exception : en cas de très grand danger, la Commission pourrait exiger la révision d’un plan budgétaire. Ce serait – dans des cas très exceptionnels – le dernier moment pour mettre un frein à une déviation particulièrement grave. Mais elle ne pourrait le faire qu’après un vote dans le cadre du conseil ECOFIN, j’insiste sur ce point.
En règle générale, je le répète, le pouvoir budgétaire des Parlements nationaux sera préservé mais dans un système à établir tous ensemble. C’est la raison pour laquelle votre appel au Parlement européen pour qu’il mette en place une collaboration aussi rapidement que possible est une bonne chose. Et comme il a une expérience régulière de telles collaborations – pas dans le domaine budgétaire mais dans d’autres domaines –, tout cela pourra être mis en place assez rapidement. Sachez que les membres de la Commission dans leur ensemble, particulièrement mes collègues Olli Rehn et Janusz Lewandowski, pour le budget de l’Union, se tiennent à votre disposition, comme ils se tiennent à la disposition des autres Parlements de l’Union ".

Vous avez donc bien lu, selon Viviane Reding, commissaire européenne, venant contrôler la conformité européenne (au sens des institutions de l'UE) du budget de l'Assemblée Nationale, dit, face à la représentation nationale qu'«il n’y a plus de politique intérieure nationale.Il n’y a plus que des politiques européennes, qui sont partagées dans une souveraineté commune ».
Tout un programme en effet, mais qui en a décidé ainsi ? Qui a voté pour cela ? Quand ?
Il y a un peu plus de deux siècles, sous le joug de la monarchie, le peuple de France, en faisant sa Révolution allait porter aussi les principes du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Aujourd'hui, les peuples européens sont directement et explicitement mis sous tutelle par l'Union Européenne et ses institutions.
Les principes élémentaires de la démocratie sont donc aujourd'hui bafoués, comme ils l'avaient été, d'ailleurs en 2005, avec le refus de prendre en compte le vote populaire après le référendum sur le TCE ou à chaque reprise, dès qu'un référendum – ou un vote- donne un résultat contraire à ce que veulent imposer les institutions européennes et ceux dont elle défend les intérêts.
Doit-on encore rappeler que les membres de la Commission Européenne ne sont pas élus mais désignés …
D'une féodalité à l'autre …
Il est temps que les peuples d'Europe reprennent leurs affaires en main et s'organisent pour briser les chaînes que l'oligarchie capitaliste et les institutions à son service sont en train de forger. Ils veulent nous imposer, au prétexte de la crise, à marche forcée, un système fédéral, oligarchique, sans aucun contrôle démocratique ou populaire au service des capitalistes.
Nous ne laisserons pas faire ! Il nous faut agir pour organiser la riposte populaire !

Eric Jalade, secrétaire départemental du PCF

mardi 16 octobre 2012

Castres- Lyonnaise des Eaux : Belle victoire des usagers de l'eau !



Nous revenons brièvement sur la décision prise à la suite d'un marathon judiciaire, d'indemniser des usagers de l'eau à Castres dans la procédure entre la Lyonnaise des eaux (qui fait partie du groupe Suez) et le comité des usagers. Une autre procédure (distincte) oppose toujours la multinationale à la ville de Castres et au maire Pascal Bugis, le contentieux porte lui sur les conditions dans lesquelles la mairie a procédé à la rupture du contrat en 2004.
Nous reviendrons dans un prochain article sur ce (gros) dossier, sur lequel les communistes de Castres se sont largement exprimés depuis 1990, avec deux victoires : la remunicipalisation (en 2004), résultat d'une mobilisation militante, politique et du jugement de 2001 ayant reconnu l'illégalité du prix de l'eau à Castres ; et aujourd'hui l'indemnisation par la Lyonnaise des usagers ayant été au bout de la démarche pour demander réparation quant aux tarifs abusifs de la multinationale.

Sur ce sujet : 

La lutte et l'action collective, ça paie !


Une lutte et une mobilisation exemplaires.

Dans un contexte historique, où nous sommes très souvent contraints à des luttes défensives, face au patronat ou aux différents pouvoirs, la victoire remportée ces joers-ci par le comité des usagers de l'eau à Castres revêt une grande signification morale et politique.
Indiquons aussi, que, depuis le début, les usagers ont eu, constamment, à leurs côtés, le PCF et les élus communistes.

L'indemnisation des usagers de l'eau par la Lyonnaise, en ce mois d'octobre 2012, c'est la reconnaissance, de facto, comme l'affirment depuis longtemps le comité des usagers et le PCF que la Lyonnaise des Eaux, après avoir obtenu le marché de l'eau à Castres en 1990, sous la municipalité RPR de Jacques Limouzy et de Pascal Bugis, a ensuite fait payer – illégalement - aux usagers le remboursement du « droit d'entrée » de 96 millions que la Lyonnaise avait alors versé à la ville.
Ainsi, en proposant un compromis et une indemnisation à chaque plaignant, la multinationale « reconnaît d'elle-même que nous avions raison puisque toutes les sommes que nous demandions individuellement ont été versées » souligne notre camarade Noël Legaré, un des animateurs du comité des usagers.
Photo DDM - Th. Antoine

Lundi 15 octobre, les 40 usagers qui ont eu l'immense mérite, le courage et la ténacité d'aller au bout de cette démarche, face à une multinationale – cette bataille est engagée depuis le début des années 90 … - ont chacun reçu une réparation correspondant au trop perçu versé à la Lyonnaise des eaux – entre 500 et 1800 euros, soit au total, près de 40000 euros.

C'est donc une leçon de choses, exemplaire, face à tous ceux qui, à droitel comme à gauche, ont cherché à « renégocier » avec la multinationale et la confirmation qu'évidemment un service public est plus efficace - et moins cher ! -pour l'usager qu'une privatisation, une DSP ou une mise en concession ...

La morale de l'histoire : Ne jamais renoncer ...
Lorsque l'on se bat, que l'on lutte, avec détermination, ténacité et constance – avec toutes les dimensions que cela peut comporter, d'abord la mobilisation, l'action collective, mais aussi l'action juridique, lorsqu'on peut et doit le faire … - on ne gagne pas toujours, mais on peut parfois remporter de belles victoires, comme celle aujourd'hui du Comité des usagers de l'eau de Castres.
C'est une belle leçon et un encouragement à la lutte et à l'action collective.

Plus largement, cela doit nous inciter, je crois à être très offensifs et combatifs contre les multinationales qui se sont accaparées, avec l'accord de collectivités ou des gouvernements successifs, des biens et des secteurs d'activité essentiels à la vie des citoyens de notre pays – à la seule fin de faire du profit, ce qui est la loi d'airain du système capitaliste.

Le combat pour le retour en régie publique (comme dans le cas de l'eau, face aux multinationales Veolia ou Vivendi) pour des nationalisations démocratiques – revendication qui monte très fort aujourd'hui dans l'industrie automobile, autour de l'exemple de PSA, mais aussi de Renault – est une bataille d'avenir. C'est un des chemins d'action qui nous permettront d'ouvrir la voie à de nouvelles victoires, dans l'esprit de celles de 1936 ou de la Libération.

Eric Jalade, secrétaire départemental du PCF.

De nombreux articles qui reviennent sur le vaste dossier de la Lyonnaise des eaux à Castres 
Nous reviendrons prochainement, à la fois sur l'historique, les prises de positions des uns et des autres et les perspectives existant sur ce sujet, à la fois localement (ville et agglo) ou dans un cadre plus large, régional et national.



Défense de l'emploi - Roland Foissac (PCF) interpelle la préfète du Tarn


Vendredi 12 octobre se tenait la séance de compte-rendu des services de l'Etat au Conseil général à Albi. A cette occasion, Roland Foissac est intervenu sur les questions de l'emploi, à partir d'une proposition que nous avions formulé au printemps dernier, en lien avec la lutte des salariés de la Maison du jambon, et faisant suite à différents plans de licenciements dans le département. 
Une des propositions, d'urgence, avait été, alors, de constituer, dans notre département une "cellule de veille" sur les questions de l'emploi, dans laquelle pourraient siéger, avec l'administration, élus, syndicalistes...
En juillet, dans la "lettre de l'Etat", Mme la préfète formule une proposition - s'inscrivant dans les missions du ministère du Redressement productif, qui pouvait se rapprocher des  propositions qu'avaient formulés quelques semaines auparavant les élus communistes et le PCF ...  Mais avec quelle composition et quelles missions ?



Séance du 12 octobre 2012



INTERVENTION DE ROLAND FOISSAC
Vice-Président du Conseil Général du Tarn


INTERPELLATION DE MADAME LA PREFETE


Madame la Préfète,

Vous avez rejoint le département de Jaurès pour représenter le gouvernement récemment élu et vous avez très vite pu apprécier la qualité des relations humaines qui caractérise les Tarnais. Parmi ces qualités, vous en conviendrez, la moindre n’est pas la franchise et c’est avec franchise que nous nous adressons à vous.

C’est de l’emploi dont je veux vous parler aujourd’hui. De l’emploi dont une part non négligeable dépend des investissements que réalisent les collectivités, de l’emploi dont sont privés, toutes catégories confondues, 28 000 Tarnaises et Tarnais, des jeunes en particulier. Le drame du chômage est un malheur dont ne peut guérir notre société qu’en développant nos capacités, publiques et privées, à créer, et d’abord à sauvegarder, les productions, les ressources matérielles, les savoir-faire, les intelligences que dispensent les établissements scolaires et universitaires auprès de notre jeunesse.

Cinq millions de personnes en France et vingt-huit mille dans le Tarn sont frappées par le chômage. Sur 73 000 salariés que compte le secteur privé ! C’est plus d’un Tarnais sur quatre (hors fonction publique et indépendants) qui ne trouve pas le travail que la société lui doit. La précarité, la dévastation des services publics sont en expansion dans un département et dans un pays en récession. Cette fuite en avant vers l’austérité, mère de détresses humaines et de délitement du lien social, il y a urgence à l’endiguer et le devoir des élus, en premier lieu de ceux qui ont appelé au changement, est d’y consacrer leurs forces. Les élus s’en émeuvent et, avec les syndicats, recherchent des solutions pour y remédier. En mars dernier, évoquant la situation dans l’agro-alimentaire, plus précisément les unités de production des salaisons victimes d’opérations de type spéculatif, comme « La Maison du jambon » à Albi, nous avions ici-même constaté l’impuissance dans laquelle les pouvoirs publics se trouvaient pour prévenir et donc enrayer les fermetures d’entreprises. J’avais à cette occasion fait la proposition que se mette en place « un dispositif qui aurait une fonction préventive,… une cellule de veille qui disposerait de tous les éléments et au sein de laquelle, avec vos services, travailleraient les élus et les organisations syndicales ». Les élections qui ont suivi nos échanges d’alors ont clairement montré que l’emploi était, et reste plus que jamais, la préoccupation majeure de nos concitoyens. 
Un Ministre du redressement productif a pris place au gouvernement et vous avez reçu les organisations syndicales fin août. Dans la « Lettre de l’Etat » que vous avez publiée en juillet, nous avons retrouvé cette proposition. Vous y annonciez la mise en place, je cite, d’une « instance départementale de veille et de détection précoce pour faire face aux difficultés rencontrées par les entreprises, préserver l’emploi et accentuer l’industrialisation dans les territoires ».

Le 28 août, je vous adressais un courrier pour vous dire tout l’intérêt que j’apportais à la fois à la composition et aux modalités de fonctionnement de ce dispositif pour en garantir l’efficacité. Je regrette, Madame la Préfète, que vous n’ayez pas répondu à ma demande. Je me suis tourné vers les syndicats qui m’ont dit n’en rien connaître. Je n’ai pas été plus avancé par la lecture de votre « Lettre de l’Etat » de ce mois-ci. Je réitère donc mes questions :
Cette cellule, quelle est sa composition ? Si les syndicalistes n’en sont pas membres, pourquoi ? Dispose-t-elle plus qu’avant des moyens de prévenir ? Si oui, lesquels ?

Madame la Préfète,
Nous voulons que l’Etat que vous représentez continue de jouer un rôle dans la cohésion sociale et territoriale, qu’il assure aux citoyens les mêmes droits d’accès aux services publics notamment. Or, avec la RGPP, tout au long des dernières années vos services ont été largement démantelés, ceux du Conseil général ont été préservés mais se trouvent aux prises avec les lourdes contraintes qui se sont accumulées. Si cette méthode de réduction des emplois et des moyens continue, le résultat sera négatif pour les populations. Moins de moyens, c’est moins de services au public, c’est plus de difficultés pour répondre aux besoins locaux.

Nos préoccupations sont à la hauteur de nos attentes de changement. Les collectivités locales ont subi pendant dix ans des politiques accablantes. Nous avons contribué, avec le Front de Gauche, de manière décisive aux résultats des élections présidentielles et législatives, nous avons toutes les raisons d’être exigeants. Lorsque l’on nous annonce le gel des dotations (André Laignel évalue la perte à – 2,250 milliards d’euros sur 2013-2015), nous entendons resserrement de nos capacités d’investissement, moins de moyens pour le développement des services publics. Je l’ai déjà dit dans cet hémicycle : On ne peut pas être pour le changement et accepter l’austérité. L’austérité nourrit l’austérité, c’est une spirale infernale dans laquelle les collectivités ne doivent pas se laisser entrainer. Changer, c’est refuser les politiques d’austérité. Changer, c’est investir, développer l’emploi, sortir de la récession et pas nous demander de nous serrer encore la ceinture. C’est ce message que Serge Entraygues et moi-même vous adressons. Il faut que le gouvernement l’entende.

A cette fuite en avant, dangereuse pour la cohésion sociale et pour nos libertés, nous opposons le courage que nous a enseigné Jean Jaurès, celui de choisir l’Humain, de ne pas plier aux injonctions des marchés financiers et de travailler au redressement social et productif.

C’est sur ce chemin que nous voulons aller avec les Tarnaises et les Tarnais. C’est là que se trouve le changement et non dans la fameuse « règle d’or » appliquée aux collectivités locales sous le contrôle d’un Haut Conseil des finances publiques chargé de la surveillance de nos budgets.

Je vous remercie, Madame la Préfète, de votre écoute et des réponses que vous voudrez bien m’apporter.


Dans sa réponse, la préfète indique notamment, que, sur cette question de l'emploi, pour des raisons "de confidentialité" (sic !), les organisations syndicales ne sont pas associées au travail de cette cellule de veille sur l'emploi dans le Tarn, mise en place depuis cet été et qui n'associe donc que les représentants des chambres consulaires patronales aux services de l'Etat ... 
Nous voilà donc prévenus...  



jeudi 4 octobre 2012

Les Nouveaux chiens de garde : Un film à voir ... et à faire connaître !


Les nouveaux chiens de garde

de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

Jeudi 4 octobre à 20 h 30 à LABRUGUIÈRE
Vendredi 5 octobre à 20 h 30 à  VIANE
Samedi 6 octobre 20 h 30 à LABASTIDE ROUAIROUX

en collaboration avec Cinécran 81et le centre culturel Le Rond Point



Petite publicité (gratuite) pour un film-documentaire réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat passionnant sur l'univers des médias et les liens qu'il démontre entre milieux d'affaires, propriétaires des grands médias, journalistes vedettes et hommes politiques (du consensus entre gens raisonnables, de la droite et de la gauche "raisonnable", social-démocrate ...).
C'est un film à la fois drôle, par moments jubilatoire, mais en réalité très sérieux. En quelques mots, il aide, d'une certaine manière à la prise de conscience de certaines réalités dans la France d'aujourd'hui, dès lors que l'on s'interroge sur notre information, ses sources ...



Pour toutes celles et ceux qui sont intéressés à la critique des médias, vous pouvez consulter avec profit le site d'acrimed (Action-Critique-Médias) :  ici

La bande-annonce du film : 

Ce film, que nous avons déjà pu voir à Carmaux (il y a quelques mois), à Castres, à Réalmont est diffusé, en avant première du festival du film documentaire qui se tiendra les 12, 13 et 14 octobre prochains à Labastide-Rouairoux (dans le sud du département) : 






Le fonds de banlieues cofinancé par le Qatar est une aberration !

L'émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, le 6 mars 2012.
Photo REUTERS/ M. Dabbour.

La validation par le gouvernement et le ministre Arnaud Montebourg du principe d’un « fonds banlieues » de 100 millions d’euros cofinancé par le Qatar est une aberration. Et ce ne sont pas les dernières annonces - participation à parité avec l’émirat du Golfe de l'État français et d’investisseurs privés, extension des bénéficiaires du fonds aux « territoires déshérités » au sens large - qui rendent une virginité philosophique, éthique et laïque au projet.
Car ne nous faisons pas d’illusion sur la générosité du mécène qatari qui n’est en réalité qu’une offensive économique et idéologique. Le problème n’est évidemment pas la provenance étrangère de l’argent mais la nature et les intentions du régime « donateur ». Le Qatar est un contre-modèle de démocratie, dirigé par une dynastie qui méprise les droits des femmes et la liberté d'expression.
Il est évident que l’émirat intervient sur une base communautariste et qu’il ne s’intéresse pas aux quartiers populaires par philanthropie mais parce qu'ils concentrent des populations héritières de l'immigration nord-africaine. Et par raccourci de culture musulmane.
En ce sens, la démarche du gouvernement français est contestable d'un point de vue laïque et éthique. Il est par ailleurs illusoire voire insultant de penser qu’une tirelire de 100 millions d’euros peut endiguer le chômage et la précarité dans nos quartiers. Ces populations abandonnées depuis des décennies par les pouvoirs publics n’ont pas besoin d’aumône mais d’un État et de collectivités locales qui refusent l’austérité en se dotant d‘outils efficaces comme une réforme fiscale pour retrouver les capacités financières et politiques d’agir.

Communiqué du PCF - 27 septembre 2012