mercredi 14 novembre 2012

Les députés communistes (GDR) votent contre le budget de la Défense 2013


Ci-dessous, nous publions l'intervention du député communiste du Nord, Jean-Jacques Candelier, à l'Assemblée Nationale, le 7 novembre dernier.

M. Jean-Jacques Candelier.

Monsieur le Président, Monsieur le ministre, Madame la présidente de la commission de la défense, mes chers collègues, nous examinons un budget « Défense » de continuation avec la législature précédente.
Le ministère connaîtra 7 234 suppressions nettes de postes en 2013.
L’année prochaine sera également marquée par la poursuite de la modernisation de nos armes nucléaires, qui engloutiront 3,4 milliards, soit 21 % des crédits d’équipement. Nous contestons que la dissuasion nucléaire soit l’assurance vie de la nation. Elle ne correspond pas aux nouvelles menaces. De même, il faut écarter le danger de la disparition de la vie sur terre suite à un conflit nucléaire. La France doit s’engager rapidement dans le soutien à la convention d’élimination des armes nucléaires, actuellement soutenue par 146 États. Elle doit respecter les engagements du traité de non-prolifération, bafoués depuis vingt ans, en gelant le programme de nouveaux missiles à tête nucléaire M51.
S’agissant des opérations extérieures, nous nous réjouissons du départ de nos troupes combattantes d’Afghanistan, ce qui nous permettra d’économiser 90 millions d’euros.
S’agissant des équipements conventionnels, ce budget est loin d’être un budget de désarmement. Il y a effectivement des économies sur l’équipement, mais elles n’ont aucune logique stratégique et répondent à des considérations de réduction du déficit public. Le plan de charge des industriels est maintenu. Le niveau des commandes reste conditionné par les impératifs industriels, comme pour la livraison des Rafale.
Dans la mesure où l’État est contraint par certains achats, notre proposition de création d’un pôle public de l’industrie prend tout son sens. Les industries de défense nationale doivent être nationalisées.
Nous nous opposons aussi au projet de défense antimissile balistique. Ce projet de l’OTAN conduirait à l’accélération de la course à l’armement ainsi qu’à la prolifération d’armes de destruction massive et de missiles balistiques dans le monde, notamment dans les pays déclarés hostiles.
Sur l’OTAN elle-même, alors que le groupe socialiste avait déposé une motion de censure à l’occasion du retour dans le commandement intégré en 2008, cette fois, une simple mission d’évaluation est confiée à M. Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères. C’est un recul très grave. Nous prônons pour notre part la sortie de la France de l’OTAN, organisation qui ne connaît que la logique de la force, qui n’est pas réformable, qui s’oppose à toute défense européenne et se croit investie de la sécurité du monde contre la responsabilité et les compétences mêmes de l’ONU.
De même, nous sommes favorables aux grands projets contribuant à l’indépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis : l’avion A400M, par exemple, mais aussi le système satellitaire de localisation Galileo.
En matière sociale, là encore, nous déplorons que le ministre applique la même politique que ses prédécesseurs. Dès le mois de juillet, il a signé la décision de restructuration pour 2013. Une décision qui ne fait qu’appliquer à la lettre la RGPP. Pourtant, il est clair que la mise en place des bases de défense à la hache occasionne de trop nombreux dysfonctionnements militaires et de gestion. Cette réorganisation se fait avec un seul objectif : liquider les emplois, dont près de 1 900 emplois civils. N’oublions pas que les civils ont contribué proportionnellement plus que les militaires à la réduction des effectifs. Nous sommes passés de 145 000 personnels civils il y a seize ans à 65 000 aujourd’hui, ce qui est le synonyme d’une externalisation massive.
Le maintien en condition opérationnelle représente environ 70 % du coût global de possession d’un matériel. Forcément, les appétits capitalistes s’aiguisent, et nous déplorons que rien ne soit fait pour calmer les ardeurs du privé. Quel sera l’avenir, pour nos régiments de soutien, nos ateliers industriels aéronautiques, notre service de soutien à la flotte ?
Symbole spectaculaire de la montée en puissance du recours au privé : le projet titanesque Balard-Bouygues, réalisé sous forme d’un partenariat public-privé. Nous sommes toujours opposés à une telle réalisation.
Globalement, la masse salariale diminuera de 0,7 % en 2013. Il s’agira de la pire année pour les personnels civils : il n’y aura aucune augmentation salariale, et les mesures catégorielles, statutaires et indemnitaires seront réduites de moitié. Cela n’est pas satisfaisant.
Enfin, la montée en puissance de la fonction stratégique « connaissance et anticipation » se poursuit en 2013. C’est une bonne chose. Il est primordial d’éclairer correctement l’environnement présent et futur pour la conduite de la politique de défense nationale et d’intelligence économique. En 2003, il me semble que la possession par la France de ses propres moyens de reconnaissance et de renseignement lui a permis de déjouer les mensonges sur les prétendues armes de destruction massive en Irak.
Vous l’aurez compris, les députés du Front de gauche voteront contre ce budget « Défense » pour 2013. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

Le site de Jean-Jacques Candelier, député du Nord.

Sur le 11 novembre 2012 : 

Sur un autre sujet, il nous semble utile de donner la position défendue il y a quelques mois, par Jean-Jacques Candelier, à l'Assemblée Nationale, lors du vote du projet de loi, défendu alors par la majorité parlementaire UMP, en janvier 2012, concernant l'instauration du 11 novembre comme "commémoration de tous les morts pour la France".
 Notre camarade indiquait alors que ce "Ce projet de loi est un nouveau coup porté au travail de mémoire et à la culture combattante".

Au centre, au premier plan, Jean Jacques Candelier.

jeudi 18 octobre 2012

"Il n'y a plus de politique intérieure nationale" (Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, 15 octobre 2012)


« Il n'y a plus de politique intérieure nationale »
(Viviane Reding, commissaire européenne, devant l'Assemblée Nationale, 15 octobre 2012)..

Coïncidence (?) du calendrier parlementaire, c'est quelques jours à peine après l'adoption du TSCG par l'Assemblée Nationale (le 9 octobre) puis au Sénat (le 12 octobre), que se tenait, à l'Assemblée Nationale une curieuse séance, pour celles et ceux qui sont habitués à un fonctionnement traditionnel des institutions républicaines, même avec toutes les tares qui sont celles de la Ve République.

En effet, pour la première fois, des représentants de la Commission européenne (Viviane Reding, vice-président et commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté sic) et du Parlement européen sont venus contrôler le budget de la France.

Cette procédure résulte directement de l'application du « semestre européen » à notre pays comme à l'ensemble des autres pays européens.

En clair, le mécanisme du semestre européen vise à opérer un contrôle constant sur le budget de chaque pays européen, avec l'idée d'établir une « bonne gouvernance », conforme aux prescriptions de nos bons princes éclairés qui règnent à Bruxelles.
L'ensemble du processus est détaillé ici.


Dans le langage chatoyant, léger et agréable qui caractérise le parler technocratique des institutions de l'Union Européenne, voilà comment l'on définit le semestre européen :
« la Commission européenne a mis en place un cycle annuel de coordination des politiques économiques: le semestre européen. Chaque année, la Commission réalise une analyse détaillée des programmes de réformes économiques et structurelles des États membres de l'Union européenne et leur adresse des recommandations pour les 12 à 18 prochains mois ».

Selon la même source, le calendrier du semestre européen est le suivant, de mars à juillet :
En mars, les chefs d'État et de gouvernement s'appuient sur l'examen annuel de la croissance pour formuler les lignes directrices de l'Union concernant les politiques nationales. Le Conseil européen, réuni lors du sommet de printemps, s'appuie sur cette analyse pour faire le point sur les aspects suivants:
-la situation macro-économique;
-les progrès réalisés par rapport aux cinq objectifs prioritaires de l'Union;
- Les progrès réalisés au titre des initiatives phare.
Il propose des orientations sur les réformes structurelles en matière budgétaire et macro-économique, ainsi que sur les secteurs porteurs de croissance, et donne des conseils sur les moyens de relier ces trois aspects.

En avril, les États membres présentent leurs programmes de stabilité ou de convergence, qui visent à garantir la viabilité de leurs finances publiques [à poursuivre les politiques d'austérité et de démantèlement du secteur public], ainsi que les réformes [ah, les réformes, que l'on peut nommer aussi de manière générique, « la » réforme, mais, en général, elles vont toutes dans le même sens ...] et les mesures destinées à progresser sur la voie d'une croissance intelligente, durable et inclusive, dans des domaines tels que l'emploi, la recherche, l'innovation, l'énergie et l'inclusion sociale (programmes nationaux de réforme).

En mai/juin, la Commission évalue ces programmes et, si nécessaire, adresse des recommandations propres à chaque pays. Le Conseil examine ces recommandations et le Conseil européen les approuve. Les États membres reçoivent ainsi des orientations politiques avant de finaliser leurs projets de budget pour l'année suivante.

Enfin, fin juin ou début juillet, le Conseil adopte formellement les recommandations par pays.
Dans le cas de la France, nous sommes en présence, depuis juin, effectivement de « recommandations », qui sont la vraie « feuille de route » du gouvernement Ayrault.
Comme de juste, avec des élèves aussi médiocres et indisciplinés, des sanctions sont prévues :
« Des avertissements politiques peuvent être adressés si les recommandations ne sont pas exécutées dans les temps. Des mesures incitatives et des sanctions peuvent également être prises en cas de déséquilibres macro-économiques et budgétaires excessifs ».
Last, but not least, la « mise sous tutelle » est définie ainsi, sous forme d'une aimable association et d'une « coopération » … (comme l'un des deux ne suffisait pas, on a employé, dans le même paragraphe les deux termes, à moins qu'il ne s'agisse d'une ruse de « google translate »...)
Afin de mettre en œuvre les mesures nécessaires et de susciter une large adhésion, une coopération étroite sera instaurée avec le Parlement européen et d'autres organes consultatifs européens (Comité des régions et Comité économique et social européen). Les parlements nationaux, les partenaires sociaux, les régions et d'autres parties concernées seront également associés à cette coopération.

Et donc, ce lundi 15 octobre, nous allons voir de quelle manière les parlements nationaux, dans le cas de la France, ont été « associés à cette coopération ».

Je renvoie le lecteur interéssé par ces questions à la lecture de l'ensemble de la séance consacrée au débat sur la prise en compte des orientations budgétaires européennes par le projet de loi de finances, dans le cadre de ce semestre européen.

Voici comment Mme Viviane Reding conclut ce « débat », devant l'Assemblée Nationale. Nous donnons ici la citation in extenso ...

Mme Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. 
"J’aimerais ajouter, après M. Cazeneuve, que l’argent non dépensé est souvent de l’argent engagé, et engagé pour être déboursé au profit des États membres. C’est un faux débat que de dire qu’il faut récupérer cet argent non dépensé. Le récupérer signifie que les États membres ne recevraient pas l’argent qui a été engagé en vue d’investissements sur leur territoire.

Monsieur de Courson, la participation de la Commission aux débats des Parlements nationaux, si elle est une première en France, n’est pas une nouveauté dans les autres États membres. Depuis treize ans que je suis commissaire européen, je me rends régulièrement dans les Parlements nationaux et il y a régulièrement des représentants des Parlements nationaux qui viennent à Bruxelles pour discuter. De plus en plus de commissions parlementaires européennes invitent les députés des Parlements nationaux pour débattre de tel ou tel projet spécifique.Donc, oui, il faudra développer ces rencontres : d’abord parce qu’elles sont extrêmement utiles et importantes, ensuite parce qu’il faut comprendre, lentement mais sûrement, qu’il n’y a plus de politique intérieure nationale.Il n’y a plus que des politiques européennes, qui sont partagées dans une souveraineté commune. D’ailleurs, laissez-moi vous le dire, cette souveraineté partagée est celle qui va nous permettre de mener les politiques que nous décidons. Si nous ne nous mettons pas ensemble, alors nous perdrons cette souveraineté vis-à-vis des marchés qui, eux, n’ont à s’expliquer devant aucun Parlement. Il vaut donc beaucoup mieux nous mettre ensemble pour décider ensemble de ce que nous devons faire, plutôt que de nous laisser faire par des influences venues de l’extérieur.
Une question très précise a été posée sur l’intervention de la Commission dans les pouvoirs budgétaires des États, question que j’entends dans beaucoup de Parlements. Les États membres et les Parlements, qui ont la souveraineté budgétaire, n’abandonneront pas cette souveraineté. Le two-pack, qui n’est pas encore appliqué mais qui le sera, accorde un nouveau rôle d’information et de suivi des politiques budgétaires à la Commission, qui donnera un avis informé sur la conformité des plans budgétaires proposés par les États membres sans que cela affecte le pouvoir de décision de chaque Parlement national. Il peut toutefois y avoir une exception : en cas de très grand danger, la Commission pourrait exiger la révision d’un plan budgétaire. Ce serait – dans des cas très exceptionnels – le dernier moment pour mettre un frein à une déviation particulièrement grave. Mais elle ne pourrait le faire qu’après un vote dans le cadre du conseil ECOFIN, j’insiste sur ce point.
En règle générale, je le répète, le pouvoir budgétaire des Parlements nationaux sera préservé mais dans un système à établir tous ensemble. C’est la raison pour laquelle votre appel au Parlement européen pour qu’il mette en place une collaboration aussi rapidement que possible est une bonne chose. Et comme il a une expérience régulière de telles collaborations – pas dans le domaine budgétaire mais dans d’autres domaines –, tout cela pourra être mis en place assez rapidement. Sachez que les membres de la Commission dans leur ensemble, particulièrement mes collègues Olli Rehn et Janusz Lewandowski, pour le budget de l’Union, se tiennent à votre disposition, comme ils se tiennent à la disposition des autres Parlements de l’Union ".

Vous avez donc bien lu, selon Viviane Reding, commissaire européenne, venant contrôler la conformité européenne (au sens des institutions de l'UE) du budget de l'Assemblée Nationale, dit, face à la représentation nationale qu'«il n’y a plus de politique intérieure nationale.Il n’y a plus que des politiques européennes, qui sont partagées dans une souveraineté commune ».
Tout un programme en effet, mais qui en a décidé ainsi ? Qui a voté pour cela ? Quand ?
Il y a un peu plus de deux siècles, sous le joug de la monarchie, le peuple de France, en faisant sa Révolution allait porter aussi les principes du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Aujourd'hui, les peuples européens sont directement et explicitement mis sous tutelle par l'Union Européenne et ses institutions.
Les principes élémentaires de la démocratie sont donc aujourd'hui bafoués, comme ils l'avaient été, d'ailleurs en 2005, avec le refus de prendre en compte le vote populaire après le référendum sur le TCE ou à chaque reprise, dès qu'un référendum – ou un vote- donne un résultat contraire à ce que veulent imposer les institutions européennes et ceux dont elle défend les intérêts.
Doit-on encore rappeler que les membres de la Commission Européenne ne sont pas élus mais désignés …
D'une féodalité à l'autre …
Il est temps que les peuples d'Europe reprennent leurs affaires en main et s'organisent pour briser les chaînes que l'oligarchie capitaliste et les institutions à son service sont en train de forger. Ils veulent nous imposer, au prétexte de la crise, à marche forcée, un système fédéral, oligarchique, sans aucun contrôle démocratique ou populaire au service des capitalistes.
Nous ne laisserons pas faire ! Il nous faut agir pour organiser la riposte populaire !

Eric Jalade, secrétaire départemental du PCF

mardi 16 octobre 2012

Castres- Lyonnaise des Eaux : Belle victoire des usagers de l'eau !



Nous revenons brièvement sur la décision prise à la suite d'un marathon judiciaire, d'indemniser des usagers de l'eau à Castres dans la procédure entre la Lyonnaise des eaux (qui fait partie du groupe Suez) et le comité des usagers. Une autre procédure (distincte) oppose toujours la multinationale à la ville de Castres et au maire Pascal Bugis, le contentieux porte lui sur les conditions dans lesquelles la mairie a procédé à la rupture du contrat en 2004.
Nous reviendrons dans un prochain article sur ce (gros) dossier, sur lequel les communistes de Castres se sont largement exprimés depuis 1990, avec deux victoires : la remunicipalisation (en 2004), résultat d'une mobilisation militante, politique et du jugement de 2001 ayant reconnu l'illégalité du prix de l'eau à Castres ; et aujourd'hui l'indemnisation par la Lyonnaise des usagers ayant été au bout de la démarche pour demander réparation quant aux tarifs abusifs de la multinationale.

Sur ce sujet : 

La lutte et l'action collective, ça paie !


Une lutte et une mobilisation exemplaires.

Dans un contexte historique, où nous sommes très souvent contraints à des luttes défensives, face au patronat ou aux différents pouvoirs, la victoire remportée ces joers-ci par le comité des usagers de l'eau à Castres revêt une grande signification morale et politique.
Indiquons aussi, que, depuis le début, les usagers ont eu, constamment, à leurs côtés, le PCF et les élus communistes.

L'indemnisation des usagers de l'eau par la Lyonnaise, en ce mois d'octobre 2012, c'est la reconnaissance, de facto, comme l'affirment depuis longtemps le comité des usagers et le PCF que la Lyonnaise des Eaux, après avoir obtenu le marché de l'eau à Castres en 1990, sous la municipalité RPR de Jacques Limouzy et de Pascal Bugis, a ensuite fait payer – illégalement - aux usagers le remboursement du « droit d'entrée » de 96 millions que la Lyonnaise avait alors versé à la ville.
Ainsi, en proposant un compromis et une indemnisation à chaque plaignant, la multinationale « reconnaît d'elle-même que nous avions raison puisque toutes les sommes que nous demandions individuellement ont été versées » souligne notre camarade Noël Legaré, un des animateurs du comité des usagers.
Photo DDM - Th. Antoine

Lundi 15 octobre, les 40 usagers qui ont eu l'immense mérite, le courage et la ténacité d'aller au bout de cette démarche, face à une multinationale – cette bataille est engagée depuis le début des années 90 … - ont chacun reçu une réparation correspondant au trop perçu versé à la Lyonnaise des eaux – entre 500 et 1800 euros, soit au total, près de 40000 euros.

C'est donc une leçon de choses, exemplaire, face à tous ceux qui, à droitel comme à gauche, ont cherché à « renégocier » avec la multinationale et la confirmation qu'évidemment un service public est plus efficace - et moins cher ! -pour l'usager qu'une privatisation, une DSP ou une mise en concession ...

La morale de l'histoire : Ne jamais renoncer ...
Lorsque l'on se bat, que l'on lutte, avec détermination, ténacité et constance – avec toutes les dimensions que cela peut comporter, d'abord la mobilisation, l'action collective, mais aussi l'action juridique, lorsqu'on peut et doit le faire … - on ne gagne pas toujours, mais on peut parfois remporter de belles victoires, comme celle aujourd'hui du Comité des usagers de l'eau de Castres.
C'est une belle leçon et un encouragement à la lutte et à l'action collective.

Plus largement, cela doit nous inciter, je crois à être très offensifs et combatifs contre les multinationales qui se sont accaparées, avec l'accord de collectivités ou des gouvernements successifs, des biens et des secteurs d'activité essentiels à la vie des citoyens de notre pays – à la seule fin de faire du profit, ce qui est la loi d'airain du système capitaliste.

Le combat pour le retour en régie publique (comme dans le cas de l'eau, face aux multinationales Veolia ou Vivendi) pour des nationalisations démocratiques – revendication qui monte très fort aujourd'hui dans l'industrie automobile, autour de l'exemple de PSA, mais aussi de Renault – est une bataille d'avenir. C'est un des chemins d'action qui nous permettront d'ouvrir la voie à de nouvelles victoires, dans l'esprit de celles de 1936 ou de la Libération.

Eric Jalade, secrétaire départemental du PCF.

De nombreux articles qui reviennent sur le vaste dossier de la Lyonnaise des eaux à Castres 
Nous reviendrons prochainement, à la fois sur l'historique, les prises de positions des uns et des autres et les perspectives existant sur ce sujet, à la fois localement (ville et agglo) ou dans un cadre plus large, régional et national.



Défense de l'emploi - Roland Foissac (PCF) interpelle la préfète du Tarn


Vendredi 12 octobre se tenait la séance de compte-rendu des services de l'Etat au Conseil général à Albi. A cette occasion, Roland Foissac est intervenu sur les questions de l'emploi, à partir d'une proposition que nous avions formulé au printemps dernier, en lien avec la lutte des salariés de la Maison du jambon, et faisant suite à différents plans de licenciements dans le département. 
Une des propositions, d'urgence, avait été, alors, de constituer, dans notre département une "cellule de veille" sur les questions de l'emploi, dans laquelle pourraient siéger, avec l'administration, élus, syndicalistes...
En juillet, dans la "lettre de l'Etat", Mme la préfète formule une proposition - s'inscrivant dans les missions du ministère du Redressement productif, qui pouvait se rapprocher des  propositions qu'avaient formulés quelques semaines auparavant les élus communistes et le PCF ...  Mais avec quelle composition et quelles missions ?



Séance du 12 octobre 2012



INTERVENTION DE ROLAND FOISSAC
Vice-Président du Conseil Général du Tarn


INTERPELLATION DE MADAME LA PREFETE


Madame la Préfète,

Vous avez rejoint le département de Jaurès pour représenter le gouvernement récemment élu et vous avez très vite pu apprécier la qualité des relations humaines qui caractérise les Tarnais. Parmi ces qualités, vous en conviendrez, la moindre n’est pas la franchise et c’est avec franchise que nous nous adressons à vous.

C’est de l’emploi dont je veux vous parler aujourd’hui. De l’emploi dont une part non négligeable dépend des investissements que réalisent les collectivités, de l’emploi dont sont privés, toutes catégories confondues, 28 000 Tarnaises et Tarnais, des jeunes en particulier. Le drame du chômage est un malheur dont ne peut guérir notre société qu’en développant nos capacités, publiques et privées, à créer, et d’abord à sauvegarder, les productions, les ressources matérielles, les savoir-faire, les intelligences que dispensent les établissements scolaires et universitaires auprès de notre jeunesse.

Cinq millions de personnes en France et vingt-huit mille dans le Tarn sont frappées par le chômage. Sur 73 000 salariés que compte le secteur privé ! C’est plus d’un Tarnais sur quatre (hors fonction publique et indépendants) qui ne trouve pas le travail que la société lui doit. La précarité, la dévastation des services publics sont en expansion dans un département et dans un pays en récession. Cette fuite en avant vers l’austérité, mère de détresses humaines et de délitement du lien social, il y a urgence à l’endiguer et le devoir des élus, en premier lieu de ceux qui ont appelé au changement, est d’y consacrer leurs forces. Les élus s’en émeuvent et, avec les syndicats, recherchent des solutions pour y remédier. En mars dernier, évoquant la situation dans l’agro-alimentaire, plus précisément les unités de production des salaisons victimes d’opérations de type spéculatif, comme « La Maison du jambon » à Albi, nous avions ici-même constaté l’impuissance dans laquelle les pouvoirs publics se trouvaient pour prévenir et donc enrayer les fermetures d’entreprises. J’avais à cette occasion fait la proposition que se mette en place « un dispositif qui aurait une fonction préventive,… une cellule de veille qui disposerait de tous les éléments et au sein de laquelle, avec vos services, travailleraient les élus et les organisations syndicales ». Les élections qui ont suivi nos échanges d’alors ont clairement montré que l’emploi était, et reste plus que jamais, la préoccupation majeure de nos concitoyens. 
Un Ministre du redressement productif a pris place au gouvernement et vous avez reçu les organisations syndicales fin août. Dans la « Lettre de l’Etat » que vous avez publiée en juillet, nous avons retrouvé cette proposition. Vous y annonciez la mise en place, je cite, d’une « instance départementale de veille et de détection précoce pour faire face aux difficultés rencontrées par les entreprises, préserver l’emploi et accentuer l’industrialisation dans les territoires ».

Le 28 août, je vous adressais un courrier pour vous dire tout l’intérêt que j’apportais à la fois à la composition et aux modalités de fonctionnement de ce dispositif pour en garantir l’efficacité. Je regrette, Madame la Préfète, que vous n’ayez pas répondu à ma demande. Je me suis tourné vers les syndicats qui m’ont dit n’en rien connaître. Je n’ai pas été plus avancé par la lecture de votre « Lettre de l’Etat » de ce mois-ci. Je réitère donc mes questions :
Cette cellule, quelle est sa composition ? Si les syndicalistes n’en sont pas membres, pourquoi ? Dispose-t-elle plus qu’avant des moyens de prévenir ? Si oui, lesquels ?

Madame la Préfète,
Nous voulons que l’Etat que vous représentez continue de jouer un rôle dans la cohésion sociale et territoriale, qu’il assure aux citoyens les mêmes droits d’accès aux services publics notamment. Or, avec la RGPP, tout au long des dernières années vos services ont été largement démantelés, ceux du Conseil général ont été préservés mais se trouvent aux prises avec les lourdes contraintes qui se sont accumulées. Si cette méthode de réduction des emplois et des moyens continue, le résultat sera négatif pour les populations. Moins de moyens, c’est moins de services au public, c’est plus de difficultés pour répondre aux besoins locaux.

Nos préoccupations sont à la hauteur de nos attentes de changement. Les collectivités locales ont subi pendant dix ans des politiques accablantes. Nous avons contribué, avec le Front de Gauche, de manière décisive aux résultats des élections présidentielles et législatives, nous avons toutes les raisons d’être exigeants. Lorsque l’on nous annonce le gel des dotations (André Laignel évalue la perte à – 2,250 milliards d’euros sur 2013-2015), nous entendons resserrement de nos capacités d’investissement, moins de moyens pour le développement des services publics. Je l’ai déjà dit dans cet hémicycle : On ne peut pas être pour le changement et accepter l’austérité. L’austérité nourrit l’austérité, c’est une spirale infernale dans laquelle les collectivités ne doivent pas se laisser entrainer. Changer, c’est refuser les politiques d’austérité. Changer, c’est investir, développer l’emploi, sortir de la récession et pas nous demander de nous serrer encore la ceinture. C’est ce message que Serge Entraygues et moi-même vous adressons. Il faut que le gouvernement l’entende.

A cette fuite en avant, dangereuse pour la cohésion sociale et pour nos libertés, nous opposons le courage que nous a enseigné Jean Jaurès, celui de choisir l’Humain, de ne pas plier aux injonctions des marchés financiers et de travailler au redressement social et productif.

C’est sur ce chemin que nous voulons aller avec les Tarnaises et les Tarnais. C’est là que se trouve le changement et non dans la fameuse « règle d’or » appliquée aux collectivités locales sous le contrôle d’un Haut Conseil des finances publiques chargé de la surveillance de nos budgets.

Je vous remercie, Madame la Préfète, de votre écoute et des réponses que vous voudrez bien m’apporter.


Dans sa réponse, la préfète indique notamment, que, sur cette question de l'emploi, pour des raisons "de confidentialité" (sic !), les organisations syndicales ne sont pas associées au travail de cette cellule de veille sur l'emploi dans le Tarn, mise en place depuis cet été et qui n'associe donc que les représentants des chambres consulaires patronales aux services de l'Etat ... 
Nous voilà donc prévenus...  



jeudi 4 octobre 2012

Les Nouveaux chiens de garde : Un film à voir ... et à faire connaître !


Les nouveaux chiens de garde

de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

Jeudi 4 octobre à 20 h 30 à LABRUGUIÈRE
Vendredi 5 octobre à 20 h 30 à  VIANE
Samedi 6 octobre 20 h 30 à LABASTIDE ROUAIROUX

en collaboration avec Cinécran 81et le centre culturel Le Rond Point



Petite publicité (gratuite) pour un film-documentaire réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat passionnant sur l'univers des médias et les liens qu'il démontre entre milieux d'affaires, propriétaires des grands médias, journalistes vedettes et hommes politiques (du consensus entre gens raisonnables, de la droite et de la gauche "raisonnable", social-démocrate ...).
C'est un film à la fois drôle, par moments jubilatoire, mais en réalité très sérieux. En quelques mots, il aide, d'une certaine manière à la prise de conscience de certaines réalités dans la France d'aujourd'hui, dès lors que l'on s'interroge sur notre information, ses sources ...



Pour toutes celles et ceux qui sont intéressés à la critique des médias, vous pouvez consulter avec profit le site d'acrimed (Action-Critique-Médias) :  ici

La bande-annonce du film : 

Ce film, que nous avons déjà pu voir à Carmaux (il y a quelques mois), à Castres, à Réalmont est diffusé, en avant première du festival du film documentaire qui se tiendra les 12, 13 et 14 octobre prochains à Labastide-Rouairoux (dans le sud du département) : 






Le fonds de banlieues cofinancé par le Qatar est une aberration !

L'émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, le 6 mars 2012.
Photo REUTERS/ M. Dabbour.

La validation par le gouvernement et le ministre Arnaud Montebourg du principe d’un « fonds banlieues » de 100 millions d’euros cofinancé par le Qatar est une aberration. Et ce ne sont pas les dernières annonces - participation à parité avec l’émirat du Golfe de l'État français et d’investisseurs privés, extension des bénéficiaires du fonds aux « territoires déshérités » au sens large - qui rendent une virginité philosophique, éthique et laïque au projet.
Car ne nous faisons pas d’illusion sur la générosité du mécène qatari qui n’est en réalité qu’une offensive économique et idéologique. Le problème n’est évidemment pas la provenance étrangère de l’argent mais la nature et les intentions du régime « donateur ». Le Qatar est un contre-modèle de démocratie, dirigé par une dynastie qui méprise les droits des femmes et la liberté d'expression.
Il est évident que l’émirat intervient sur une base communautariste et qu’il ne s’intéresse pas aux quartiers populaires par philanthropie mais parce qu'ils concentrent des populations héritières de l'immigration nord-africaine. Et par raccourci de culture musulmane.
En ce sens, la démarche du gouvernement français est contestable d'un point de vue laïque et éthique. Il est par ailleurs illusoire voire insultant de penser qu’une tirelire de 100 millions d’euros peut endiguer le chômage et la précarité dans nos quartiers. Ces populations abandonnées depuis des décennies par les pouvoirs publics n’ont pas besoin d’aumône mais d’un État et de collectivités locales qui refusent l’austérité en se dotant d‘outils efficaces comme une réforme fiscale pour retrouver les capacités financières et politiques d’agir.

Communiqué du PCF - 27 septembre 2012

vendredi 6 juillet 2012

International/Union Européenne : En quoi la grève des mineurs des Asturies mérite toute notre attention et notre solidarité

Les médias français s'attardent très peu sur un conflit social très dur qui se passe près de chez nous, en Espagne, dans la région des Asturies. Cette lutte mérite d'être connue, les travailleurs et la population, ensemble solidaires, qui défendent l'avenir et l'emploi dans leur région méritent tout notre soutien et notre solidarité face aux casseurs : le gouvernement au service du capital et de l'Union Européenne.
Notre pays a connu, il n'y a pas si longtemps, d'importantes luttes des mineurs, en particulier dans notre bassin minier du Carmausin. Ces luttes des mineurs asturiens nous donnent l'occasion de rendre hommage aux mineurs de Carmaux. Ainsi, la lutte contre la fermeture de la découverte, souvenirs, de 1991 : 
Les mineurs de Carmaux pour le maintien de l'emploi en 1991 (extrait du JT d'Antenne 2 - 20 h - le 12 juillet 1991).




Retour sur une lutte historique contre la fermeture des mines espagnoles et un mouvement de classe contre la politique d'austérité

De la grande grève de 1934 au mouvement de luttes qui avait ébranlé le pouvoir franquiste en 1962, le bassin minier des Asturies, bastion communiste historique, a été au coeur des grands mouvements de lutte qu'a connu l'Espagne au XX ème siècle.

Les mineurs asturiens ont ouvert en mai dernier une nouvelle page de cette histoire en opposant leur résistance à une politique d'austérité aux conséquences dramatiques pour le secteur minier.

24 milliards de renflouement pour Bankia, 200 millions d'aides en moins pour les mines : une austérité à deux vitesses

Une politique d'austérité qui touche tous les secteurs, menée en concertation entre le gouvernement central de droite de Mariano Rajoy et les gouvernements régionaux, souvent de droite mais aussi parfois socialistes. C'est le cas des gouvernements tout juste élus d'Andalousie et d'Asturies, soutenus par Izquierda Unida.

8 000 mineurs sont encore employés sur plus de 40 sites, essentiellement en Asturies dans un secteur fortement dépendant des aides publiques.

La décision de réduire les subventions d'Etat, sous pression de l'Union Européenne, de 300 millions d'euros à 100 millions d'euros met en péril le secteur, menace les puits espagnols de fermeture.

Au même moment où l'Etat espagnol renfloue Bankia à hauteur de 24 milliards d'euros, la suppression d'une aide de 200 millions d'euros pour les mines (soit cent fois moins que celle pour la banque multi-nationale) apparaît d'autant plus révoltante.


De la grève reconduite à la grève illimitée puis à la grève générale: les conditions d'une convergence des luttes

Le 28 mai, les mineurs Asturiens se sont lancés dans une grève reconduite jusqu'au premier juin où a été lancée une grève illimitée, qui a conduit à l'occupation des puits mais aussi des routes et chemins de fer menant aux sites d'extraction.

Le 18 juin, une journée de grève générale a même été convoquée par les deux principaux syndicats UGT et CC.OO dans les régions minières touchées par les mesures du gouvernement, en Castille, Andalousie, Aragon et en Asturies bien sûr.

Selon les organisations syndicales, la grève a été très largement suivie dans ces régions, avec une adhésion de 100% dans les bassins miniers concernés.

Un mouvement relayé par celui des enseignants, des ouvriers des chantiers navals et surtout des travailleurs des transports, qui ont embrayé par une grève illimitée dans les bassins miniers.

« Nous ne sommes pas des Indignés ! » : diversification des formes d'un mouvement de classe

En grève depuis près d'un mois, le mouvement des mineurs asturiens ne faiblit pas. Les formes de la contestation se diversifient, se radicalisent parfois mais restent toujours centrées sur la lutte de classe.

Les occupations des places des grandes villes Asturiennes, des lieux de pouvoir comme le siège du Conseil provincial de Léon se multiplient. Le 18 juin dernier, près de 15 000 mineurs et autres travailleurs ont manifesté dans les rues de Léon, tandis que 50 000 ont occupé les rues d'Oviedo, la principale ville des Asturies.

Les mineurs ont pris clairement leurs distances avec les formes de protestation et les perspectives affichées par le mouvement des indignés. Un des slogans affirmé et réaffirmé en des termes crus dans les occupations: « Nous ne sommes pas des indignés, nous en avons marre ! » (Nosotros no estamos indignados, estamos hasta los cojones).

Les mineurs des Asturies, d'Aragon et de Léon viennent d'entamer une « Marche noire » qui devrait arriver à Madrid le 11 juillet, une longue marche sous le mot d'ordre marqué sur les chemises des mineurs : « Non à la fermeture des mines ! »

Radicalisation du mouvement et refus de toute compromission

Le mouvement s'est radicalisé dans certains villages du bassin minier Asturien où, confrontés à la répression policière, de rudes affrontements ont opposé les mineurs, soutenus par la population du bassin minier aux forces de l'ordre.

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Les images de scène de guerre dans le village de Cinera, le 19 juin dernier, avec barricades en feu, tirs avec des lance-pétards improvisés en lance-roquettes ont fait la une de la presse espagnole. A Cinera comme ailleurs, face à l'unité indéfectible de la population avec la lutte des mineurs, les groupes d'intervention de la police ont dû reculer.

Depuis quatre ans, sous le gouvernement du socialiste José Luis Zapatero, l'Espagne a été précurseur dans l'adoption d'une politique d'austérité qui touche tous les travailleurs. Depuis trente ans, l'Espagne, essentiellement sous le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, a été à l'avant-garde des libéralisations et privatisations.

Jusqu'à présent, malgré un potentiel de luttes énorme, aucun mouvement de lutte n'a pu se construire. La responsabilité des organisations syndicales, CC.OO et UGT, est claire. Le mouvement des indignés a pu croître sur ce terreau de colère sociale, mais a canalisé cette rage dans une impasse politique.

Aujourd'hui, la grève historique des mineurs des Asturies, et d'ailleurs, pose peut-être le cadre du développement d'un mouvement de luttes radicalisé, sur des positions de classe, refusant toute compromission avec le patronat, l’État et l'Union européenne.

 (Merci aux camarades qui animent le site "Solidarité internationale PCF", d'où est extrait, en grande partie, cet article)



 

mercredi 13 juin 2012

1er tour des élections législatives : Déclaration du secrétaire départemental du PCF


Après le 1er  tour des législatives:

Déclaration d’Eric Jalade

pour la fédération du Tarn du PCF



Nous tenons à remercier chaleureusement les 12297 électrices et électeurs qui ont voté pour les candidats du Front de gauche dans notre département.
Avec nos amis et militants qui se sont dépensés sans compter, Géraldine Rouquette, André Boudes et Philippe Guérineau ont mené de belles campagnes, portant les idées et valeurs de « l’Humain d’abord », attentifs aux sujets qui touchent au quotidien des Tarnaises et des Tarnais, quand bien d’autres candidats n’ont pas jugé utile d’aborder les questions de fond qui seront  pourtant au cœur de la prochaine législature. Ainsi, pour n’évoquer que quelques points clés, nous continuerons de porter, avec les députés communistes et du Front de gauche, avec nos élus au département et à la région, avec les citoyens, l’abrogation de la réforme des collectivités territoriales, la défense des services publics, de l’emploi et particulièrement de l’emploi industriel, la rupture avec les politiques et traités libéraux européens …
Ces milliers d’électeurs qui ont voté pour nos candidats ont fait preuve d’une lucidité et d’un courage que nous tenons à saluer dans un contexte médiatique où tout a été fait pour dévaloriser les enjeux – pourtant cruciaux – de cette élection et alimenter le vote « utile ».

A l’échelle de notre département comme du pays, c’est le Parti Socialiste qui est le principal bénéficiaire de ce scrutin, avec un processus qui tend à renforcer  et à prolonger l’élection présidentielle en faveur de la formation du vainqueur de cette élection, François Hollande. Ce scrutin a été marqué aussi par un progrès inquiétant de l’abstention, plus net encore au plan national.

Comme en 2007 (où ce phénomène s’était produit en faveur de l’UMP et de Sarkozy), c’est un des effets politiques de l’inversion du calendrier électoral et du quinquennat où les élections législatives tendent à devenir désormais une élection secondaire après l’élection principale, la présidentielle. C’est un phénomène préoccupant pour la démocratie, un autre effet pervers des institutions de la Ve République. Cela renforce notre détermination à défendre l’idée d’un renouveau démocratique, avec une VIe République, qui permette l’émergence d’un Parlement à l’image de notre pays, à la fois sur un plan politique et sur un plan social, d’une Assemblée qui retrouve du poids et un rôle accru dévolu aux citoyens dans la vie politique de notre pays.

Point positif, l’UMP et les candidats qu’elle soutenait au plan départemental subissent un échec très net,  avec moins de 40 000 voix sur les trois circonscriptions soit une perte de plus de 21 500 voix par rapport à 2007, avec des scores très faibles dans la 1ere (moins de 16% pour Amalvy) et la 2e circonscription (à peine 16% pour Del Rey). Le député sortant, Bernard Carayon, dans la 3e, qui a bénéficié de tout le soutien de l’appareil d’Etat pendant des mois, ministres et président en tête, est aussi en repli très net, avec seulement 33% des suffrages.

Pour la première fois dans notre département, une candidate du Front National sera présente au second tour aux législatives, dans la 2e circonscription. La porosité et la connivence idéologique depuis plusieurs années, et qui s’est singulièrement aggravée ces dernières semaines entre l’UMP et le FN n’est pas étrangère à ces transferts de voix de la droite vers l’extrême droite. Il reste que des urgences sociales doivent aussi être traitées, la précarité, le
chômage, l’explosion des inégalités …
Les communistes, comme toujours dans notre histoire, seront au premier rang pour combattre les idées de haine, d’exclusion, le racisme et la xénophobie.

Nos adversaires de toujours, ce sont la droite et l’extrême droite que les Tarnaises et les Tarnais doivent sanctionner au second tour de ces élections législatives, dans le Tarn comme sur l’ensemble de notre pays. Aussi, pas une voix ne doit manquer, en particulier dans la 2e circonscription, face à la candidate du Front National et dans la 3e circonscription face à Bernard Carayon, représentant de la frange la plus droitière de l’UMP, dont on connaît les connivences idéologiques avec le FN.

Albi, le 12 juin 2012


jeudi 7 juin 2012

Face à la haine, "l'Humain d'abord"


Face à la haine, « L’Humain d’abord »

Nos candidats, les amis et militants qui s’impliquent sans compter, mènent une belle campagne de terrain, en tenant de nombreuses réunions dans les quartiers, les villages de notre département, au porte à porte …
Notre campagne est une campagne sur le fond, sur les contenus, à mille lieux des polémiques politiciennes, des faux semblants, des ambitions personnelles et des divisions des uns et des autres – à droite comme à gauche.

Nous menons le débat, en développant depuis des mois des propositions, qui s’appuient en grande partie sur celles du programme « L’Humain d’abord » et ces propositions suscitent de l’enthousiasme, elles rencontrent un écho favorable partout, auprès de salariés, d’élus, de citoyens qui n’en peuvent plus et qui recherchent des issues à la crise. Ils voient dans notre approche de la politique une perspective concrète et réelle de changement, porteuse de ruptures avec les gestions libérales et capitalistes de la crise, pour l’emploi, les salaires, la dignité, la justice et la paix.

C’est à cela que travaillent les communistes et leurs amis, les militants et les citoyens qui se reconnaissent dans la campagne des candidats du Front de gauche depuis plusieurs mois.
C’est sur ce terrain que nous continuerons inlassablement à lutter, à rassembler et à agir, car c’est notre raison d’être, c’est le sens de notre combat, être à côté de celles et ceux qui luttent, de celles et ceux qui subissent les injustices et l’oppression. Nous sommes de ceux qui luttons au quotidien pour un monde plus juste, fraternel et solidaire.

Hélas, dans cette campagne, prolongeant en cela le climat délétère entretenu par les dirigeants de l’UMP et Nicolas Sarkozy entre les deux tours des élections présidentielles, nous sommes parfois confrontés à des attitudes et des comportements aux antipodes du débat politique, de la confrontation d’idées et de l’échange républicain.

Aussi nous tenons à condamner et à dénoncer très fermement les tentatives d’intimidation du groupuscule d’extrême droite « Bloc Identitaire » vis à vis de notre camarade Géraldine Rouquette, conseillère municipale de Castres et candidate aux élections législatives dans la 1ere Circonscription.

Nous voulons assurer notre camarade de toute notre solidarité et de tout notre soutien.
Nous ne laisserons pas faire.

Nous appelons les pouvoirs publics à prendre les dispositions pour ne pas laisser ces quelques individus et ce groupuscule – qui a pris la suite d’Unité Radicale, dissous en 2002 après la tentative d’assassinat sur Jacques Chirac - polluer le débat politique dans notre département et dans la ville de Castres en particulier.

D’autre part, nous nous associons au rassemblement qui se tiendra à Toulouse ce samedi 9 juin 2012 à 11 heures, à l’appel d’un collectif d’organisations, contre la présence du Bloc Identitaire dans cette ville.

Ici, dans le Tarn, pays de Jaurès, terre de résistance et de luttes, nous ne laisserons pas semer la haine, la violence et le racisme. 

Nous appelons les tarnaises et les tarnais, progressistes, démocrates et républicains, à rester vigilants.

Le 5 juin 2012
Pour la fédération du Tarn du PCF,

Eric Jalade,
Secrétaire départemental,
Membre du Conseil National.

mercredi 6 juin 2012

Fin de campagnes : Soirée festive et politique à Albi, vendredi 8 juin - 20 h 30


Jean Ortiz
Les candidats du Front de Gauche aux Législatives dans le Tarn, Géraldine Rouquette, André Boudes et Philippe Guérineau ont le plaisir de vous inviter à :  


une soirée Apéritivo-Politico-Latino-Flamenco-Musico


le vendredi 8 juin 2012
à  la salle de Pratgraussals (Albi)
Un apéritif dinatoire sera offert à partir de 19 h.
Dans le cadre du soutien aux candidats André Boudes, Géraldine Rouquette et Philippe Guérineau, notre ami et camarade JEAN ORTIZ Maître de Conférences à l’'Université de Pau, nous offrira ensuite la conférence-débat suivante :

"Oui, le changement en France et en Europe est possible : la preuve par l'exemple des pays latino-américains".

Tous les observateurs le soulignent : c'est l'Amérique latine qui résiste le mieux à la crise : croissance, stabilité, amélioration des indicateurs sociaux, recul de la pauvreté, avancées positives de l'intégration continentale, protection dans de nombreux pays de l'environnement, politiques de souveraineté et d'indépendance nationales, de "retour" de l'Etat, récupération des ressources naturelles, primauté du politique sur l'économique, investissements publics massifs dans beaucoup de pays, bref, tout le contraire de la politique de l'Union Européenne, que les gouvernements latinos américains soient "radicaux" ou modérés.
Un spectacle de chanteuses de Flamenco et un concert du groupe El Comunero clôturera la soirée.


Venez nombreux, on compte sur vous !