mercredi 16 décembre 2015

Devant la crise politique, relevons le défi ! Retrouvons nos fondamentaux !

Devant la crise politique, nous relevons le défi !

Retrouvons nos fondamentaux !


Notre pays n’en finit pas de subir la crise et les politiques que lui imposent un pouvoir, dont l’alpha et l’oméga – derrière les promesses et les discours à usage électoral – consiste à satisfaire les intérêts du grand patronat et du MEDEF.

Cela fait plusieurs décennies que ça dure, avec des moments de répit - qu’imposent les luttes de notre peuple, comme en 1995, en 2003 ou à l’automne 2010 - et des phases d’accélération, lorsque le mouvement populaire ne parvient pas à s’imposer.

Avec le gouvernement de M. Valls et de Macron, le cap est mis toujours plus dans cette direction. Ce sont ces politiques au service du capital, qu’elles soient de droite – et c’est dans l’ordre des choses – où qu’elles se revendiquent de gauche (et c’est là que le bât blesse et que les gens n’acceptent plus et ne supportent plus) – qui abîment le lien social, les solidarités, les services publics, sans jamais répondre aux aspirations populaires, ni permettre un quelconque recul du chômage ou de la précarité, bien au contraire.

Le paysage politique, à l’issue de ces élections régionales témoigne bien de l’ampleur de cette crise économique, sociale et politique.
Dans notre région, comme dans notre département, nous nous félicitons d’avoir contribué, à la place qui est la nôtre, à la défaite du Front National.
Son accession aux responsabilités dans notre région, comme dans les communes ou les départements n’aurait rien apporté de positif aux travailleurs, à la jeunesse, aux retraités. Pour nous tous, cela aurait été encore plus de politiques d’austérité et de régression sociale, auxquelles il aurait fallu ajouter – en prime – des politiques d’exclusion contre les immigrés, les pauvres, la casse de la culture, des difficultés accrues pour les associations d’éducation populaire et le monde associatif dans son ensemble.

Mais pour autant, rien n’est réglé. Si demain, les politiques mises en place – au plan national en particulier – prolongent et amplifient les coupes budgétaires dans les dépenses utiles aux populations, si l’on continue d’éloigner les citoyens des centres de décision, en s’attaquant à la démocratie communale, si nos dirigeants continuent de vivre dans leur monde, coupés du peuple et éloignés de leurs souffrances, les mêmes phénomènes ne manqueront pas de se produire à nouveau et peut-être de manière amplifiés.
Le défi qui nous est posé est là. Nous nous devons de répondre à nouveau clairement aux attentes populaires, en menant la bataille idéologique – contre l’Europe du capital et ses conséquences, contre les logiques capitalistes et celles d’exclusion qui se nourrissent mutuellement – et nous sommes à nouveau capables d’incarner une espérance collective, celle de l’espoir d’une société enfin débarrassée de l’exploitation capitaliste qui broie les hommes, exacerbe les haines et attise les peurs. Ces batailles idéologiques doivent aussi être prolongées et nourries par des batailles quotidiennes, aux côtés des populations, face au patronat, aux directives européennes et aux projets gouvernementaux, lorsqu’ils portent le sceau des régressions sociales.

Avec vous, nous voulons relever ce défi.

C’est le sens de notre engagement d’aujourd’hui et de demain comme celui de toute notre histoire.
Notre parti, le Parti Communiste Français a une longue et belle histoire, depuis sa création au congrès de Tours en 1920.
Aucune des conquêtes sociales obtenues par notre peuple n’aurait pu l’être si ses militants n’avaient donné comme ils l’ont fait, de leur temps, de leur énergie, pour rassembler notre peuple et contribué, comme en 1936, à la Libération, en 1968 … aux conquêtes sociales que patronat et partis à son service s’évertuent à détricoter depuis des années… (D. Kessler…)
Nous sommes fiers de cette histoire et de cet héritage – celui qui prolonge les combats des révolutionnaires de 1789 et de tous ceux qui, dès le XIXe siècle ont constitué peu à peu les organisations du mouvement ouvrier, qui lui ont donné un corpus théorique – autour notamment des idées de Marx et d’Engels – et avec l’expérience historique formidable – malgré sa défaite – que fut celle des Communards.
Depuis sa création, jamais notre parti n’a porté atteinte aux libertés dans ce pays, c’est notre honneur, ce qui explique, contrairement à tous les autres courants politiques, que nous n’avons pas changé de nom … Ses militants ont payé souvent le prix fort de leur engagement contre l’occupation nazie (le « parti des fusillés » n’était pas une expression usurpée), contre les guerres coloniales (souvenons-nous de Charonne ou de nos camarades torturés comme Maurice Audin ou Henri Alleg), ou quotidiennement pour des conditions de travail dignes ou une vie meilleure dans nos villages ou quartiers.
http://lewebpedagogique.com/histoiredesartsduhamel/files/2015/11/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2015-11-25-%C3%A0-19.56.32.png

Cela dit, nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins.
Nous perdons à nouveau des élus lors de cette élection, et ce, de manière très importante, au point de mettre en péril notre implantation nationale.
Le FN est à 30% dans une ascension continue, l’abstention est à 50 %, la plupart des jeunes de 18 à 25 ans ne sont pas inscrits, plus de la moitié des sympathisants CGT n’ont pas voté ...
Sauf le temps d'une élection en 2012, le Front de gauche n’est jamais parvenu à mobiliser les salariés. Cette fois-ci dans notre région, la liste « Nouveau Monde en commun » EELV-Front de gauche a perdu la moitié des voix par rapport au total des voix de la liste FDG et de la liste Onesta de 2010. On ne peut donc sérieusement parler de succès, c'est au contraire un résultat très décevant, surtout eu égard aux ambitions annoncées.

Certains de nos dirigeants pensent – mais ils le pensaient déjà il y a 10 ans ou 20 ans … - qu’il faut « changer de nom », voire créer une « nouvelle organisation », en d’autres termes, aller au bout de la « mutation » - lancée par Robert Hue il y a vingt ans de cela et en finir avec le PCF.
C’est aussi, ne nous le cachons pas, le vieux rêve de la bourgeoise et du patronat.
C’est aussi pour cela que ces derniers continuent de nous mener une guerre idéologique acharnée, dans les médias ou dans les programmes scolaires où le matraquage anticommuniste est permanent, avec la banalisation du fascisme via le concept dangereux de « totalitarisme »1 qui est omniprésent dans les programmes d’histoire au collège et au lycée.

Nous ne leur ferons pas ce cadeau de dissoudre ou d’en finir avec le PCF.
Bien au contraire !
Fiers de notre histoire, des riches enseignements qu’elle nous livre, des expériences présentes et passées, nous allons relever le défi d’un parti qui va redevenir un grand parti populaire, un grand parti utile à notre peuple, le parti du monde du travail.

Beaucoup d’entre nous ont connu ce parti, ses militants, ses élus qui faisaient que le PCF était perçu comme le parti qui fait ce qu’il dit et qui dit ce qu’il fait. Un parti qui a permis, pendant des décennies l’émergence de responsables et de militants – à tous les niveaux de responsabilité – issus du monde du travail – et pas des « politiciens professionnels » comme tous les autres partis …
Force est de constater que ce lien avec le monde du travail, avec le mouvement syndical, associatif … s’est distendu depuis une vingtaine d’années. Cela a coïncidé avec des orientations politiques qui ont privilégié des stratégies d’alliances ou l’élaboration de combinaisons ou de cartels électoraux avant toute autre chose.
En donnant à penser – et parfois avec des dirigeants qui le montraient – que nous étions un parti comme les autres, la population, le monde du travail nous a considéré – et traité – comme les autres partis.
Nous ne voulons plus de cela, ni des stratégies d’effacement du PCF. Nous devons retrouver nos fondamentaux avec notamment une analyse de classe approfondie de notre société, sous peine de disparaître.
Nous allons surmonter cette épreuve – comme à d’autres périodes sombres de notre histoire- parce que c’est la seule voie d’avenir pour notre peuple !
Nous appelons toutes les bonnes volontés à nous rejoindre, toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à l’absence d’avenir pour notre jeunesse, tous ceux qui refusent l’alignement derrière l’Union sacrée de Valls et Hollande ou une fausse contestation du « système » incarnée par un FN qui est aussi une arme de ce « système » capitaliste mais plus dure encore en réalité contre le peuple et les travailleurs.
Nous voulons rebâtir un parti rassembleur, fraternel, qui est en toutes circonstances, au quotidien, aux côtés de celles et ceux qui souffrent, aux côtés des salariés, des populations et qui les rassemble et qui ne laisse jamais passer les mauvais coups.
Notre peuple a besoin d’un vrai parti communiste qui propose un projet et une stratégie révolutionnaires , autonome dans ses analyses et dans ses orientations et actions qui sur chaque question fasse entendre des réponses en rupture avec le capitalisme.

Non, le capitalisme mondialisé n’est pas la fin de l’histoire ! Il faut construire à nouveau une perspective d’une société débarrassée de la misère, de l’exploitation, inventer la voie vers le socialisme, dans le monde d’aujourd’hui, en étant respectueux des libertés et des droits humains.
Ceux qui cassent les salaires, la protection sociale, les conquêtes du mouvement ouvrier ici, notamment en Europe, sont les mêmes qui sont à l’origine des drames – celui quasi quotidien des réfugiés (victimes souvent des guerres provoquées par les impérialistes) ou celui des victimes quotidiennes de l’exploitation capitaliste – comme les ouvriers et ouvrières du Rana Plaza au Bangladesh. Ce sont les mêmes dirigeants, patrons de grands groupes qui saccagent aussi la planète partout, sans autre préoccupation, comme toujours, que leurs profits.

Oui, l’alternative, c’est bien le socialisme ou la barbarie capitaliste. 
Jamais le monde, ni notre société n’ont produit autant de richesses, jamais les riches n’ont été aussi riches – et pourtant la majorité d’entre nous nourrit des inquiétudes pour son avenir, pour celui de ses proches, pour son emploi, ses conditions de travail, le niveau de sa pension … C’est donc cela qu’il faut changer.
Pour notre avenir, celui de la jeunesse, nous sommes prêts à mener ce combat, avec le peuple de France, qui a besoin, plus que jamais de son parti révolutionnaire, le PCF, et pas d'un énième parti ou cartel réformiste.

Les capitalistes sont organisés, alors organisons-nous aussi, nombreux, ne leur laissons pas le champ libre, ne les laissons pas faire !
C'est le sens de notre engagement. Vous pourrez compter sur le Parti Communiste Français !





1 Le totalitarisme n’a rien d’un concept historique mais c’est qui est une construction idéologique, qui est rejetée d’ailleurs dans beaucoup de pays par de nombreux historiens, notamment dans les pays anglo-saxons.

vendredi 17 juillet 2015

Elections régionales : les premiers choix des communistes en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.


Les élections régionales auront lieu les 6 et 13 décembre prochains - le choix du calendrier nous est imposé, suite à la fois à l'adoption des nouvelles lois qui remodèlent le paysage territorial (adoption de la loi Métropole - dite "MAPAM", puis de la loi improprement baptisée "NOTRe" plus récemment ...).
Avec l'objectif, en particulier dans notre région, qui est désormais l'une des cibles de l'extrême droite (avec Louis Aliot, tête de liste FN), de battre la droite et l'extrême droite et de construire une majorité nouvelle, clairement ancrée à gauche, les communistes se lancent dans cette bataille avec l'objectif de rassembler très largement, bien au delà du Front de gauche, toutes celles et ceux qui peuvent se retrouver avec nous sur un "pacte régional contre l'austérité".
Nous portons l'ambition, ce qui a été régulièrement souligné dans les rencontres avec nos partenaires, et validé par l'expérience des populations : l'utilité, pour le mouvement populaire, des élus communistes et d'un plus grand nombre d'élus communistes dans notre région.
Ainsi, dans notre département, nous avons indiqué, dans les rencontres avec les autres formations - EELV, PG, "Ensemble" ... - que nous étions disponibles pour conduire cette liste de rassemblement.
Dès le mois de septembre, après la "fête de l'Humanité", nous rentrerons en campagne, avec nos premiers candidats et nous faisons appel à toutes et à tous, pour construire avec nous, ici au pays de Jaurès, ce "pacte", à partir de nos luttes communes, pour l'emploi, les services publics, la défense de nos communes ...

Pour information, voici l'orientation largement majoritaire, votée par une large majorité de délégués à la conférence régionale du 4  juillet à Toulouse.

Cette orientation nous engage donc collectivement. 

Les deux binômes de candidats sur lesquels les communistes avaient à se prononcer, ont soutenu cette orientation, qui a été la seule à être soumise au vote des délégués et ensuite des communistes.
Ont été élus chefs de file des communistes de notre région Marie-Pierre Vieu (Hautes-Pyrénées, conseillère régionale sortante, membre de l'exécutif national du PCF) et Jean-Luc Gibelin (Gard, membre de la direction nationale du PCF) par un vote des adhérents, en fin de semaine dernière, les 10 et 11 juillet derniers.
Ce sont ces deux camarades qui nous représenteront, en tant que chefs de file, au plan régional, en lien avec les fédérations et les chefs de file de nos départements.  

Eric Jalade
Secrétaire départemental,
Membre du Conseil National


 « Les élections régionales des 6 et 13 décembre prochains doivent permettre de construire une nouvelle dynamique de rassemblement alternatif, politique et populaire, pour battre la droite et faire barrage à l’extrême-droite. Nous voulons construire une nouvelle majorité pour une politique régionale de gauche ambitieuse et démocratique, refusant les logiques d’austérité et de main mise de la finance. 
Nous sommes disponibles pour conduire ce rassemblement pour un pacte régional de solidarité contre les politiques d’austérité. Nous proposons aux partenaires du FdG, à EELV, à Nouvelle Donne, aux militants socialistes, aux acteurs sociaux, culturels, intellectuels et citoyens, comme à ceux qui le souhaitent et qui partagent cette ambition, d’engager ensemble ce chantier en construisant ce rassemblement large d’un type nouveau. »
 

vendredi 28 novembre 2014

Les communistes dans le dossier de Sivens - Intervention d'Eric Jalade, secrétaire départemental, à la Conférence Nationale (samedi 8 novembre 2014).

Les communistes sur le dossier de Sivens (novembre 2014)


Nous publions ici l'intervention d’Eric Jalade, secrétaire départemental, lors de la Conférence Nationale du PCF, samedi 8 novembre, lors du débat général.

L’intervention portait sur deux points, sur Sivens, et ensuite, plus brièvement, sur la question du Parti.

Comme vous tous, comme nombre de citoyens, nous avons été profondément choqués par la mort de Rémi Fraisse, victime d’un tir de grenade offensive, dans la nuit du 25 au 26 octobre, sur le site de Sivens.
Comme l’a rappelé tout à l’heure, à juste titre Pierre Laurent, nous voulons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame et que les responsabilités soient établies.
Sur le fond de ce dossier, qui a pris, avec la mort de ce jeune homme, une dimension nationale, je voudrais revenir brièvement sur trois points : la question de la démocratie, celle de la responsabilité de l’Etat et enfin le rôle des communistes.

Sur la question de la démocratie et d’abord sur le mécanisme de décision qui a présidé à cet ouvrage. Pour mémoire, je rappelle qu’il ne s’agit pas d’un barrage de dimension importante, puisqu’il prévoyait une contenance d’1,5 million de m3, (supérieur cependant aux besoins réels). Ce mécanisme a révélé un problème démocratique réel dans la prise de décision, doublé, manifestement d’un conflit d’intérêt.
La CACG (Compagnie d’Aménagement des Côteaux de Gascogne) a la fois réalisé les études préalables et ensuite été désignée par la majorité du Conseil Général comme maître d’ouvrage déléguée …On peut comprendre dès lors qu’elle ait surdimensionné le projet, comme l’a montré le rapport des experts.
Autre manque criant, sur un plan démocratique, l’absence de dialogue, le refus d’entendre et d’écouter les citoyens qui ont soulevé des questions – qui se sont révélées pertinentes et légitimes – notamment les exigences d’études indépendantes et d’un moratoire sur les projets, avant ces études.  

Sur la responsabilité de l’Etat. Outre le CG, comme porteur du projet, pour nous, c’est l’Etat et ses représentants, qui portent une large part de responsabilité.

La préfète Josiane Chevalier (en poste jusqu’en septembre 2014) a signé les arrêtés, notamment celui déclarant le projet porté par la CACG d’Utilité Publique, en octobre 2013, alors même que le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) avait rendu, à deux reprises, un avis défavorable à ce projet.
Précisons, ce n’est pas anodin, que l’ancienne ministre de l’écologie, Delphine Batho (jusqu’en juillet 2013) avait demandé à la préfète de ne pas signer les arrêtés, contrairement à son éphémère successeur au ministère, Philippe Martin.
Enfin, comment ne pas souligner la responsabilité et l’attitude de Manuel Valls et de ses relais locaux, en particulier le député Jacques Valax, qui, de manière délibérée, ont jeté de l’huile sur le feu, en voulant passer en force, et imposer encore, aujourd’hui, ce projet en l’état, contre toute évidence.
Souvenons nous des propos de Valls, début septembre, devant les Jeunes Agriculteurs, indiquant qu’ils  (lui et son gouvernement) avaient « tenu bon » à Sivens et que les travaux allaient démarrer … On voit où nous en sommes aujourd’hui, où nous pouvons constater les résultats de cette politique du passage en force…

Sur l’attitude des communistes.
Depuis le début, nos élus sont en première ligne dans ce dossier, en particulier nos deux conseillers généraux, Roland Foissac et Serge Entraygues – dont je voudrais souligner, devant vous le travail, la ténacité et l’engagement aux côtés des associations et des citoyens pour porter avec constance les exigences de démocratie, de transparence et la demande d’études indépendantes.
Depuis plus d’un an – un an et demi – nous avons portée la revendication d’un moratoire sur ce projet, qui aurait évité de sombrer dans la spirale mortifère – et mortelle-  de la violence.
Depuis le début, nos exigences portent ces valeurs.
Au delà des opinions des communistes et de la population, nous avons essayé de porter ces orientations en tenant tous les bouts.

Oui, il y a besoin de projets sur nos territoires, y compris pour les agriculteurs. De même l’agriculture a besoin aussi d’irrigation, nous voulons contribuer à maintenir sur nos territoires ruraux - et pour partie menacés par la péri-urbanisation - des exploitations familiales, alors qu’elles sont tant malmenées par les politiques agricoles menées par les gouvernements successifs et par l’UE – via la PAC, qui favorise uniquement les grandes exploitations et promeut un modèle capitalistique à la place précisément des exploitations familiales…
Mais ces projets doivent être portés de manière démocratique, en préservant autant que possible les écosystèmes, en toute transparence et leurs études préalables réalisées de manière indépendante, des études que peuvent et doivent conduire des fonctionnaires du ministère de l’environnement dont c’est le métier !

De manière générale, nous sommes confrontés depuis 2012 – avec une accélération ces derniers mois - à une politique clairement antisociale, qui est de plus en plus clairement au service du MEDEF et des actionnaires.
Le désaveu et la défiance vont grandissant dans le pays, notamment dans le monde du travail, chez les salariés. Malheureusement nous ne sommes pas épargnés.

Sur la question du Parti, en quelques mots, je regrette que nous n’ayons pas eu à débattre, à l’occasion de cette conférence sur un texte de notre direction, faisant notamment le bilan de la période qui vient de s’écouler, à la fois depuis 2012 – et l’élection de Hollande – et aussi sur la stratégie choisie lors du 34e congrès, celle du front de gauche, dont les résultats doivent aussi être examinés de manière lucide, à l’aune des ambitions de l’époque, à savoir changer le rapport de forces à gauche … Là aussi, c’est un échec et le compte n’y est pas : nous sommes affaiblis, y compris sur un plan électoral, les forces populaires et le mouvement ouvrier aussi… Et c’est, hélas, l’extrême droite qui a le vent en poupe…
Comment pouvons-nous contribuer, à nouveau, à alimenter les luttes – dont on voit bien qu’elles ne sont pas au niveau des attaques gouvernementales et patronales – et redonner confiance au monde du travail ? C’est à ces défis que nous sommes confrontés, incontournables pour envisager une alternative progressiste. Pour les relever, il y a, à l’évidence besoin d’un parti de classe et de masse, le PCF, un parti rassembleur, ancré dans les luttes et adossé en toutes circonstances au mouvement populaire.  


mercredi 29 octobre 2014

Barrage de Sivens : La position des communistes tarnais et de leurs élus.

Après le drame et la mort de Rémi, sur le site de Sivens, dans la nuit de samedi à dimanche, nous sommes, comme nombre de citoyens, comme tous les communistes, bouleversés par ce drame.
Des citoyens se sont rassemblés, notamment lundi, à Albi, pour rendre hommage à Rémi et manifester aussi, de la colère par rapport à ceux qu'ils estiment responsables de ce drame, devant les locaux de la préfecture.
A ce moment là - lundi après-midi - ni Valls ni Hollande n'avaient eu un mot pour la mort de ce jeune ...

Malheureusement, des incidents provoqués par des individus cagoulés qui se sont affrontés avec les forces de l'ordre - présentes en nombre dans la ville -ont provoqué des dégâts dans la ville.
Nous condamnons, comme nous l'avons fait depuis des mois, l'usage de la violence, dans ce dossier, d'où qu'elle vienne. Nous avions alerté, depuis des mois, notamment par l'intermédiaire de nos élus sur les risques d'escalade auxquels une spirale de violence pouvait aboutir.
Maintenant il y a eu un mort, la première en France dans des manifestations depuis la mort de Lucien Barbier, militant communiste et de la CGT, roué de coups par des policiers à Amiens en 1987 et Malik Oussekine, mort victime des voltigeurs en novembre 1986...
Ce n'est évidemment pas la même situation, puisque ce décès intervient dans le cadre d'affrontements (contrairement à Malik Oussekine et Lucien Barbier) , mais il reste dramatique et que rien ne peut justifier la mort d'un jeune de 21 ans ...    Toute la lumière doit être faite pour connaître les responsabilités dans ce décès tragique.

L'article du "Tarn Libre"; le 28 octobre ...

L'essentiel est à lire ici :

 Roland Foissac : « On ne sortira de l’impasse que par l’abandon du projet de barrage actuel à Sivens et l’étude sérieuse des alternatives »


Roland Foissac, Vice président du conseil général et Serge Entraygues, conseiller général, les deux élus PCF  du département ont demandé que « le projet de barrage dans son état actuel soit abandonné » lors d’un point presse mardi 28 octobre au siège de l’Association départementale des élus communistes et républicains (ADECR).

Lors de la conférence de presse qu’ils ont tenue mardi 28 octobre en fin de matinée Roland Foissac, Vice président du conseil général et Serge Entraygues, conseiller général, les deux élus PCF-Front de gauche du Département, ont d’abord rappelé avoir rempli un rôle d’alerte depuis début 2013 sur un dossier : « Et au moment de la signature des arrêtés nous avons notamment dit que la politique de passage en force ne conduira qu’à une impasse », l’Adecr demandant un moratoire et que soit menée une expertise indépendante. «Des alertes il y en a encore eu ces dernières semaines, notamment le 29 août, quand j’ai écrit à Thierry Carcenac » indique R. Foissac.

« Le drame survenu samedi ne peut pas passer par profit et perte »

Evoquant la mort de Rémi Fraisse, Roland Foissac et Serge Entraygues déclarent : « La mort tragique de Rémi Fraisse entraine dans sa tombe le projet dans sa version actuelle, le drame survenu samedi ne peut pas passer par profit et perte, en1986 après la mort de Malik Ousséquine, le projet Devaquet a été retiré, il y a des faits dans la vie politique qui impliquent des décision. Toute une logique institutionnelle nous a entraîné où nous en sommes, dans cette impasse tragique, que faudra il de plus pour qu’on ne se heurte plus au mur des certitudes institutionnelles, aux tabous décisonnels, aux pressions, cette position n’est plus tenable» »

Le rapport des experts valide les questionnements des membres du collectif du Testet

Après avoir pris connaissance du rapport des deux experts missionnés par Ségolène Royal, R. Foissac commente : « Ce rapport valide la parole citoyenne du collectif du Testet notamment qui avait questionné le dossier après l’avoir étudié et cela devrait faire réfléchir. Les experts présentent également cinq scénarios, disent que compte tenu de l’avancement des travaux certains paraissent peu réaliste, mais je vois qu’il y a un scénario possible avec trois retenues latérales, ces propositions alternatives doivent être étudiées sérieusement. Quant au scénario d’arrêt du projet, qui entrainerait des coûts liés au dédommagement, ces coûts doivent être supportés par l’Etat.

« La responsabilité de l’Etat est engagée »

En prolongeant son propos, Roland Foissac pointe la responsabilité de l’Etat : « c’est la représenante de l’Etat qui a signé les arrêtés d’autorisation, c’est l’Etat et pas Thiery Gentilhomme qui a disposé des centaines de garde mobile sur le chantier à 1, 5 km du rassemblement pacifique alors qu’il n’y avait plus rien à protéger, tous les engins de travaux et les équipements les plus important ayant été retirés à la demande de Thierry Carcenac, la responsabilité de l’Etat est engagée ». Il évoque aussi les dissonances qui ont eu lieu au gouvernement début septembre : "Alors que Ségalène Royal faisait une proposition pour sortir de l'impasse, avec la nomianation de deux experts, le Premie ministre prenait son conrte-pied en disant vouloir aller jusqu'au bout du projet de Sivens". 

« Il faut abandonner ce projet et étudier sérieusement les alternatives »

Prenant appui sur le rapport d’expertise, les deux élus expliquent : « Le bon sens et la lucidité politique c’est de dire qu’on ne sort de cette impasse que par l’abandon du projet dans son état actuel et par l’étude des propositions alternatives exposées dans le rapport, la proposition des retenue latérales ne vaut-elle pas la peine d’être étudiée, examiner les différents scénarios, dans un esprit citoyen comme le prévoit la charte de la participation, c’est encore le mieux à faire, même si je ne suis pas naïf et que je sais qu’il y a désormais des éléments incontrôlables, il y a il y a un interlocuteur avec lequel il a toujours été possible de dialoguer, c’est le collectif du Testet, dialoguons ». 

article de Thierry Tchukriel (le Tarn Libre)



lundi 27 octobre 2014

A propos du barrage de Sivens (27 octobre)

Les événements dramatiques de ce week-end (en particulier le décès tragique de ce jeune de 21 ans) marquent malheureusement un tournant dans ce dossier du barrage de Sivens.
Nous voulons ici rendre hommage à ce jeune, Rémi, et à sa famille. Nous souhaitons que la justice puisse faire son travail en toute indépendance pour déterminer précisément les circonstances de ce décès. 

Sur le fond, rien ne peut justifier un tel déchainement de violences - et à fortiori la mort d'un homme- dans un dossier concernant la construction d'un barrage ... 
Nous avions indiqué, depuis des semaines, dans plusieurs communiqués, de la fédération du PCF ou par l'intermédiaire de nos élus, en particulier Roland Foissac, conseiller général du canton Albi-Nord Ouest, qu'il fallait, à tout prix renouer les fils du dialogue, faire vivre la démocratie, la transparence ... 
Il est temps enfin que la raison l'emporte, à Sivens, au plan départemental comme au plan national, sur ce dossier. 


   

Nous publions ici le communiqué du PCF en date du 23 octobre.


Sivens : Pour la démocratie et le bien commun


Le 25 octobre se tient un rassemblement contre le projet de barrage de Sivens.

Depuis des mois, des citoyens s’interrogent sur le bien fondé de ce projet. Les membres du collectif du Testet, opposés au barrage, posent notamment avec constance un certain nombre de questions, interpellent les élus et les pouvoirs publics. Ils formulent la demande d’un réel débat public , qui n’a pas eu lieu à ce jour. Ils demandent la publication au plus vite du rapport des experts mandatés par la Ministre de l’écologie et un moratoire immédiat des travaux sur le site.

En cohérence avec ce qu’ont défendu, depuis le début les élus communistes au conseil général, Serge Entraygues et Roland Foissac : la transparence sur le dossier, des pratiques démocratiques réelles et un retour au calme avec l’arrêt des violences, nous participerons à ce rassemblement, dans un esprit de dialogue et de responsabilité.

Ce projet cristallise aujourd’hui des oppositions très vives. Rien n’est pire pour la démocratie et son devenir que de perpétuer des pratiques qui laissent supposer une opacité et une connivence entre décideurs politiques et quelques grands groupes ou lobbies.
Quel projet de territoire voulons nous pour le nord-ouest du département, où il est de plus en plus difficile pour de jeunes agriculteurs de s’installer, du fait de la pression sur le foncier – notamment en raison des effets de la péri-urbanisation, de l’extension des zones urbaines ?  

Oui, il y a besoin d’une agriculture moderne, diversifiée, respectueuse de l’environnement, d’exploitations familiales. Dans ce domaine aussi il faut permettre aux Tarnaises et aux Tarnais de pouvoir vivre et travailler au pays.

Ce sont ces problèmes que nous voulons poser et sur lesquels il nous faut débattre et agir.
Sur la question de l’eau, décisive quant à l’avenir de la planète, on ne préservera vraiment cette ressource que dans le cadre d’une maîtrise publique sur nos territoires. Qui peut penser sérieusement que la privatisation des barrages votée à l’Assemblée le 11 octobre dernier - au prétexte de la loi sur la Transition énergétique - constitue une réponse progressiste et un progrès pour les citoyens ou pour l’écologie ?
Une fois de plus, on livre au marché un bien de la Nation pour le seul profit des actionnaires … C’est tout le mérite des élus communistes et du groupe GDR de s’être opposés – hélas seuls  dans l’hémicycle -– à cette privatisation scandaleuse. 
  
Sur ce sujet aussi, nous alertons et appelons les citoyens à se mobiliser et à ne pas se laisser faire !   

Albi, le 23 octobre

Eric Jalade
Secrétaire départemental du PCF







vendredi 14 mars 2014

Liaison Castres-Toulouse : Pour l'aménagement du territoire, contre l'autoroute concédée : Intervention de Jeanne Jimenez, lors du débat au Conseil Régional - 13 mars 2014



Mr le Président,

Jeanne Jimenez
Permettez-moi, tout d’abord ; de reprendre vos propos : « Il est temps de revenir à une vision saine des choses. Qui est responsable des routes nationales ? Qui est en charge de la sécurité ? L’Etat ou plutôt le gouvernement. Il doit assumer ses responsabilités, pleinement et intégralement. Les aménagements relèvent de lui seul. Mais est-ce une raison pour recommencer à mettre à contribution les contribuables locaux pour une route nationale ? Non, les collectivités ne le peuvent pas, elles croulent sous les charges. Les routes nationales sont de la compétence de l’Etat comme les services chargés de les entretenir ». Vous disiez encore lors de la plénière du 26 juin…… : « Puisque l’Etat a voulu écarter les routes des politiques contractuelles (définies dans le contrat de plan 2000-2006), il doit assumer ses responsabilités et engager les travaux qu’attendent nos territoires et qui sont la condition de leur développement économique. »
Comment ne pourrions- nous pas partager vos propos ?

Or, aujourd’hui encore, le gouvernement se refuse à prendre ses responsabilités comme aménageur du territoire et demande aux collectivités (conseils généraux du Tarn et de la Hte-Garonne et à l’agglomération Castres –Mazamet) de prendre à leur charge une part importante de son coût, alors qu’elles ne sont pas décisionnaires in fine. 
 Pour l’heure, choisir l’aménagement de la RN 126 en concession alors que l’on ignore l’existence même d’un concessionnaire et ses exigences à l’égard de l’Etat et à notre égard est un risque que nous ne saurions prendre.
A l’heure où le gouvernement annonce des réductions drastiques des dotations aux collectivités territoriales d’ici à 2017 – 10 milliards !  - cela risque d’avoir de graves conséquences pour les finances et les projets de notre collectivité. Les déficits  - prévus - de la concession sur ce projet de plus d’un demi milliard d’euros devront être couverts via une subvention d’équilibre d’au moins 350 millions d’euros auxquels il convient d’ajouter la rétrocession des déviations de Soual et de Puylaurens ainsi que 40 millions payés par les usagers d’Albi-Toulouse(A68) pour le doublement de l’A680 vers Verfeil).
Ce projet est également inadapté pour la plupart des usagers. Le coût annoncé du péage à 15 € aller-retour, 36 € par jour pour les poids-lourds nous font craindre une situation comparable à bien des égards au gâchis actuel de l’autoroute Langon-Pau.

Cela fait des années que la population du bassin Castres-Mazamet réclame l’amélioration de la liaison routière avec Toulouse tout comme en direction d’Albi. Cela fait des décennies que l’Etat se dérobe à ses engagements dont celui de Gilles de Robien en 2003. Dans ces conditions, une autoroute concédée qui plus est en cul-de-sac, n’est qu’une mauvaise solution coûteuse pour les collectivités et les usagers. Le projet économique qui sert de justification à cet équipement est insuffisamment ancré sur le potentiel du territoire. 

La politique de « pôle d’équilibre » est mal définie. L’autoroute concédée risque d’accentuer un déséquilibre particulièrement fort entre la métropole toulousaine et notre bassin dont le potentiel économique a été abandonné par des industriels qui en ont pourtant tiré leur richesse. Pour l’avenir de toute la population de ce territoire et de ses difficultés actuelles – 15% de chômage sur le territoire de l’agglo-, la priorité doit être donnée à la redynamisation du potentiel existant (textile, bois, agroalimentaire, tourisme, pierre, chimie, mécanique, recherche …), à la création de services publics, notamment en matière d’éducation et de formation, ainsi qu’au soutien et au développement du transport ferroviaire, voyageur et frêt dans toutes les directions : Nord – Méditerranée - Espagne et Toulouse-Atlantique.

Mais évidemment compte tenu de l’état actuel de la RN 126, actuellement, il est absolument nécessaire de l’améliorer de manière à ce que tout le monde, sans péage, puisse emprunter cet axe dans les meilleures conditions de sécurité possibles. La priorité, selon nous, c’est de traiter les points de congestion (zone de Mélou et Saïx) et le passage de Cuq-Toulza, en procédant donc d’urgence à la mise en 2X2 voies de l’ensemble de la section Castres-Soual. Je vous rappelle que convaincus de la nécessité de la modernisation de cet itinéraire, nous avons constamment affirmé notre volonté de l’inscrire dans les PDMI précédents, ce que les décideurs politiques de droite ont toujours refusé. 

Vous comprendrez donc, M. le Président, notre opposition à ce projet d’autoroute concédée, dans la mesure où l’Etat – aujourd’hui comme avec les gouvernements précédents - refuse de prendre ses responsabilités en livrant les habitants et les collectivités concernées à une expérimentation coûteuse et inéquitable (une autoroute pour les riches) décidée sous la pression de certains lobbies patronaux.
 
Oui, les aménagements routiers comme ferroviaires nécessitent des moyens importants mais il est faux de dire qu’il n’y a pas d’argent : si l’on revenait sur la privatisation des sociétés d’autoroute, bradées par le gouvernement Villepin en 2005 à des grands groupes du BTP, ce serait immédiatement des centaines de millions d’€ qui permettraient à l’Etat et à l’AFITF de financer des infrastructures utiles aux populations, au lieu d’aller gonfler les poches des actionnaires de Vinci ou d’Eiffage …  Procéder à la (re)nationalisation des sociétés d’autoroute comme le propose le groupe CRC au Sénat, ce serait une mesure courageuse, qui répondrait à l’intérêt des populations, en permettant à l’Etat d’avoir les moyens de bâtir une réelle politique d’aménagement du territoire sur le long terme.

vendredi 7 mars 2014

Sur la liaison Mazamet-Castres/Toulouse (suites) : le choix des communistes

Aménagement du territoire, responsabilité de l’Etat ou désengagement, privatisation et abandon du territoire ? 


Sur ce dossier, nous avons déjà exposé la position des communistes, qui est constante et qui, contrairement à d’autres, ne varie pas en fonction des circonstances, du calendrier électoral et de calculs internes…

A lire ici, ce que nous écrivions récemment sur l'autoroute concédée (en novembre dernier) ou à l'occasion du débat public, en 2010, lire ici le cahier d'acteurs de la section de Castres ou sur le site de la section de Castres du PCF, par exemple sur ce lien.
On pourra relire également ce que nous écrivions, avec nos amis et camarades de Castres à Gauche Vraiment, ici  ou l'appréciation, dans ce débat de l'Union Départementale CGT

Pour nous, l’aménagement du territoire – à fortiori s’agissant d’une route nationale comme la RN 126  - c’est de la responsabilité de l’Etat, des gouvernements successifs, qui depuis des décennies, traitent notre département comme un territoire de seconde zone.
La droite (notamment le RPR puis l’UMP) a instrumentalisé ce dossier et tente encore de le faire, alors que depuis des décennies, leurs élus ont laissé notre territoire à l’abandon, accompagnant la casse de l’emploi – et soutenant des politiques nationales et européennes qui l’ont aggravée, dans tous les secteurs – en accélérant le démantèlement des services publics et des politiques de solidarité (RGPP, casse de l’emploi public, austérité …).  

Nous voulons redire ici, au moment où l’on demande aux collectivités territoriales de se prononcer sur ce sujet, que c'est l'Etat qui porte la lourde responsabilité, aujourd'hui, comme depuis plus de 30 ans, de ne pas avoir aménagé correctement et équitablement le territoire, en particulier le sud et l’est de notre département. 
Aujourd’hui, la précarité et le chômage sont largement au dessus de la moyenne nationale et régionale, avec environ 15% de chômage sur le territoire de l’agglomération Castres-Mazamet, encore supérieur dans les villes, 19% à Castres et autour de 20% à Mazamet-Aussillon. La casse massive du socle industriel traditionnel - textile, délainage - n’a jamais été totalement compensée, même si des secteurs d'activité sont heureusement plus dynamiques (Chimie, mécanique-auto ou industrie pharmaceutique).

Dans ce contexte difficile, les habitants du sud du département ont besoin, peut-être plus qu’ailleurs en raison de ces difficultés économiques et sociales, de politiques solidaires, de services publics, d’infrastructures et de politiques publiques qui construisent de l’égalité, de la solidarité.

De fait, loin de rattraper ce retard, le vote de la loi « Métropole » (loi MAPAM, en décembre 2013), voulue par Sarkozy et le précédent gouvernement et votée par la majorité PS-Verts va aggraver les disparités de traitement entre les départements comme le nôtre et les métropoles. 

C’est donc vers un "déménagement" du territoire que l’on se dirige au seul profit des métropoles - dont l'agglomération toulousaine - qui vont voir leur poids se renforcer au détriment de territoires "périphériques" comme le Tarn, qui seront encore plus des territoires de seconde zone, avec peu d'infrastructures, mal entretenues (ou des autoroutes à péage, donc pour les plus riches), de moins en moins de services publics, d'emplois ...
Comme le souligne Roland Foissac, le choix de la concession (alors que le Conseil Général n'est décisionnaire en rien dans ce dossier, tout comme les autres collectivités territoriales, agglo ou région, contraints de dire à quelle hauteur ils vont financer une décision prise ailleurs...) constitue un renoncement, un alignement pur et simple, par défaut, de la part de la majorité des élus du CG sur les choix gouvernementaux.
Dans le même temps, ce gouvernement, avec l’objectif entêtant de tailler dans les dépenses publiques, annonce une nouvelle baisse de 10 milliards d’€ des dotations aux collectivités d’ici à 2017…
On contraint donc, dans de mauvaises conditions les collectivités à se prononcer sur un choix dont elles n’ont pas la maîtrise et dans le même temps, on leur réduit de manière drastique les moyens d’assumer des missions et des compétences que l’Etat leur a déléguées … 
Les communistes, leurs élus refusent ce choix désespérant où l’usager, le contribuable et le citoyen sera une fois de plus le perdant, et les gagnants – une fois de plus – seraient une fois de plus les actionnaires et les plus riches…
Il y aurait d'autres choix, courageux et responsables, à effectuer : d'abord la nationalisation, dans les meilleurs délais de l'ensemble des sociétés d'autoroute, bradées en 2005 au profit de grands groupes du BTP, avec un manque à gagner considérable pour l'Etat. Les sénateurs communistes ont rédigé une proposition de loi, qui a été discutée une première fois en janvier dernier au Sénat.
Cette proposition sera à nouveau à l'ordre du jour au printemps, en juin. 
Cela donnerait à nouveau des marges de manoeuvre et des moyens considérables aux pouvoirs publics pour opérer des choix dans l'intérêt des populations sur tout le territoire national, alors que les infrastructures, ferroviaires comme routières, nécessitent des investissements importants dans les années à venir, dans le respect de l'environnement. 
Ce serait là un choix véritablement progressiste et cohérent que pourraient effectuer une majorité de gauche, à la fois au Sénat et à l'Assemblée Nationale. 
 
A contrario, en faisant le choix de la concession – dans le prolongement des gouvernements de droite précédents - le gouvernement PS-Verts tourne le dos à des décisions qui relèvent de l'intérêt des populations, de l'intérêt général. 

La bataille pour la gratuité de la liaison Mazamet-Castres/Toulouse ne s’arrêtera ni en mars, ni dans les semaines et les mois à venir. 
Nous avons l’ambition de contribuer à rassembler la population de notre département pour qu’elle soit enfin respectée et écoutée et non pas traitée comme celle d’un territoire « oublié » de la République. Un comble à l’heure où la République célèbre, à juste titre, avec tous les honneurs le centenaire de l’assassinat de notre compatriote Jean Jaurès, natif de Castres, élu à l’Assemblée Nationale par les ouvriers et les paysans du Carmausin …

Comme toujours à vos côtés, vous pouvez compter sur les communistes, pour continuer à défendre l’emploi, l’aménagement du territoire, l'égalité et les services publics !

 Le 7 mars 2014 

Eric Jalade,
Secrétaire départemental du PCF.